Microsoft mitigé sur les perspectives de l’iPhone en entreprise

Mobilité

Pour le directeur mobilité de Microsoft France, “l’accès à la messagerie ne suffit pas à faire de l’iPhone un terminal estampillé entreprise”.

Quelques heures avant l’ouverture de la traditionnelle conférence d’Apple pour les développeurs – la WWDC (“Worldwide Developer Conference”) -, Microsoft revient sur le récent accord de licence permettant à Apple d’exploiter ActiveSync pour synchroniser son iPhone 2.0 avec les serveurs de messagerie Microsoft Exchange (2003 et 2007). Pour Nicolas Petit, directeur de la division mobilité de Microsoft France, “l’accès à la messagerie ne suffit pas à faire de l’iPhone un terminal estampillé entreprise”.

Redmond en veut-il à Cupertino ? Apparemment non, puisque Nicolas Petit reconnaît que “l’iPhone a contribué à réveiller le marché de la téléphonie mobile et des constructeurs”. N’empêche, “il est impossible de limiter le marché entreprise à la messagerie d’entreprise”, estime-t-il, avant d’ajouter que le succès en entreprise serait tributaire de trois principaux éléments sur lesquels Microsoft aurait une bonne longueur d’avance.

“La richesse de la plateforme” et les liens avec les “applicatifs métiers”, tout d’abord, avec un “kit de développement” sorti en 1997 pour Microsoft et en 2008 pour l’iPhone. Viennent ensuite, selon lui, la “capacité à gérer des flottes de mobiles” et la “sécurisation” de ces flottes. Deux aspects sur lesquels Windows Mobile serait bien positionné face à l’iPhone, en partie grâce au nouveau System Center Mobile Device Manager 2008 qui a été lancé début 2008 pour la gestion de parcs et la sécurité.

5 millions d’iPhone vs 20 millions de terminaux sous Windows Mobile

Nicolas Petit signale par ailleurs que l’accord de licence qu’Apple a signé avec Microsoft pour ActiveSync “ne représente pas une nouveauté pour Microsoft”. L’éditeur, qui revendique 60% de parts de marché au niveau international sur la messagerie et dit avoir noué une alliance similaire avec Nokia, se targue d’être un partenaire incontournable dans le monde de l’entreprise.

Enfin, Nicolas Petit “relativise” les dernières analyses du cabinet Gartner, qui placent Apple en deuxième position des constructeurs de smartphones aux Etats-Unis. Selon lui, depuis la cloture de l’exercice 2007 de Microsoft en juin 2007 (et le début de la commercialisation de l’iPhone aux Etats-Unis à la même période), de l’ordre de 20 à 21 millions de terminaux sous Windows Mobile se seraient vendus dans le monde, contre environ 5 millions d’iPhone. Une différence qui s’expliquerait par “l’étendue du spectre de constructeurs utilisant Windows Mobile”, conclut-il.


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