Milia : Jospin fustige le piratage des jeux

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Inaugurant le 8ème Marché international de l’édition et des contenus interactifs (Milia), Lionel Jospin s’est insurgé contre le piratage des logiciels de jeux. Le Premier ministre a souhaité que la création numérique soit protégée au même titre que la musique, la littérature ou le cinéma. Pourtant, les éditeurs de logiciels sont exclus de la loi sur la copie privée et ne touchent rien sur la “taxe” sur les CD vierges.

La copie de logiciels est purement et simplement interdite, pourtant les abus sont nombreux. Il faut avouer que le procédé est devenu on ne peut plus simple : un tour sur Internet suffit pour récupérer un petit logiciel qui permettra de contourner les protections. Toutes les instructions pour la gravure sont fournies et en un rien de temps, on se retrouve avec un jeu qui n’aura coûté que quelques dizaines de francs quand l’original en vaut rarement moins de 250. Lionel Jospin, venu à Cannes lundi dernier inaugurer le Milia (Marché international de l’édition et des contenus interactifs) est conscient de l’importance de la question. Du moins a-t-il rappelé aux éditeurs la ferme volonté du gouvernement en la matière. “Certains utilisateurs peu scrupuleux n’hésitent pas à ‘craquer’ les logiciels de jeux pour se les approprier gratuitement et les diffuser. Ce comportement ‘prédateur’ est inacceptable”, a ainsi déclaré le Premier ministre, cité par Associated Press.

Le gouvernement souhaite agir et informer

Le chef du gouvernement a souligné qu’il soutenait la lutte contre le piratage et en a profité pour annoncer le lancement le 20 février prochain d’un Réseau national de recherche et d’innovation en audiovisuel et multimédia (Riam) qui sera notamment chargé de mettre au point des protections efficaces contre la copie. Associated Press rapporte par ailleurs que Lionel Jospin a souhaité qu’une campagne d’information visant à sensibiliser le grand public sur les conséquences du piratage “débouche dès la rentrée prochaine”.

Dans cette vaste lutte contre les copies illégales, les éditeurs de logiciels font figure d’oubliés de la très décriée “taxe” sur les CD vierges. Depuis le 22 janvier 2001, les principaux supports d’enregistrement amovibles (CD, DVD, minidisques) sont en effet soumis à un “complément de rémunération pour les auteurs”, selon l’expression du ministère de la Culture. Mais cette nouvelle source de revenus est perçue au titre de compensation au droit à la copie privée, un droit qui ne concerne que les contenus audio et vidéo. La copie de logiciels est interdite, leurs éditeurs ne touchent donc strictement rien sur la “taxe” CD vierges.

Un secteur très touché par le piratage“Notre industrie souffre énormément de la copie mais nous n’avons aucune compensation ou aide”, déplorait Hervé Pasgrimaud, délégué général du syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell), interrogé par l’AFP, soulignant par ailleurs :“Contrairement aux secteurs de la musique et de l’image, la vente d’originaux est notre seule source de revenus.” Un discours a confronter avec celui du gouvernement, Lionel Jospin affirmant au Milia : “Si les oeuvres de l’esprit et les droits de leurs auteurs sont protégés dans les domaines de la musique, de la littérature ou du cinéma, il doit en être de même pour la création numérique.” On l’a compris : pour autant, il n’est pas question que les éditeurs de logiciels bénéficient de la “taxe” sur les CD vierges.


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