Le bon vieux Minitel à la casse mais son esprit va perdurer dans le Web

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Avec la déconnexion du Minitel, c’est une partie de l’histoire technologique de la France qui s’en va. Le terminal est obsolète mais ses usages et son modèle économique a influencé l’évolution de l’Internet fixe et mobile.

Le Minitel va s’éteindre à l’âge de 30 ans. Sa déconnexion est prévue officiellement aujourd’hui le 30 juin.

Mais il restera sûrement un outil de communication vintage pour les collectionneurs.

Hommage au Minitel. Vendredi soir, La Cantine numérique à Paris devait réunir “les grands esprits qui ont fait de cet objet un outil révolutionnaire”.

Parmi les invités attendus figuraient Benjamin Bayart (FDN), Michel Landaret (SDV plurimedia), Laurent Chemla (Gandi), Louis Pouzin (Inventeur du datagramme et concepteur du premier réseau à commutation de paquets, précurseurs d’Internet) et Christian Quest, ex-Président de l’association des Microserveurs)…

La génération Y (né avec le numérique) doit se demander de quoi on parle.

D’un terminal sobre (écran noir et blanc de 23 centimètres et clavier rabattable) pour accéder depuis son salon à des services télématiques (annuaires, vente de produits à distance, réservations de billets de train, horoscope, rencontres…).

Il était commercialisé par France Telecom et le modèle tournait autour de la (sur)facturation par durée de connexion. Autant dire que l’on comptait les minutes de consultation…

En 2002, à son apogée, on en recensait 9 millions déployés en France mais l’Internet bas débit était déjà répandu. Le Minitel demeure une fierté technologique nationale dans l’esprit des Français, à l’instar du TGV. A la différence près que l’on a été incapable de l’exporter.

Et avec l’essor de l’Internet, son destin s’est figé rapidement.

Même si certains groupes Internet se sont montrés compatissants avec le modèle télématique : Yahoo avait ouvert un canal Minitel.

France Telecom a aussi essayé de faire perdurer le modèle Minitel via Internet à travers un logiciel d’émulation.

La page Wikipedia sur le Minitel rappelle l’historique mais aussi quelques anecdotes croustillante comme cette allusion d’Eric Schmidt, P-DG de Google, en septembre 2010.

“Les Français étaient en retard, ils ne pensaient qu’à leur Minitel. Maintenant, ils sont très sophistiqués dans leur utilisation des nouvelles technologies.”

Alors, dans quelle mesure le Minitel a freiné notre passage à l’ère des technologies de l’information ?

Lors des Assises du numérique en novembre 2011, François Fillon, alors Premier ministre, se rappelait l’époque durant laquelle il occupait les fonctions de ministre des Technologies de l’information (gouvernments Juppé, mai 1995 – juin 1997).

Lors d’un entretien avec un haut responsable de France Telecom, celui-ci lui avait déclaré qu’il ne voulait pas “perdre son temps avec Internet” car “c’est une mode qui va durer six mois”…

Il est vrai qu’il a fallu du temps pour que l’opérateur historique prenne conscience de la révolution en cours….

Néanmoins, le Minitel a préparé les Français aux usages Internet (communication, messagerie, consultation de bases de données…).

Et son concept de portail et de kiosque a inspiré le World Wide Web et l’Internet Mobile. Il existe des similitudes avec l’approche de de l”App Store d’Apple (place de marché d’applications).

On trouve aussi toute une génération d’entrepreneurs du monde du Minitel qui ont basculé dans le Web.

Un article de La Tribune rappelle comment certains d’entre eux sont devenus “millionnaires” en exploitant cette transition technologique et cette bascule de modèle économique : Marc Simoncini (Meetic), Xavier Niel (Free), Pierre-François Grimaldi (Chez.com, iBazar), Thierry Ehrmann  (Artprice.com)…

Et, dans les années 90, la messagerie rose constituait pour certains d’entre eux une manne financière non négligeable.

Pour en savoir plus : consultez l’ouvrage deValérie Schafer et Benjamin G. Thierry  : “Le Minitel, l’enfance numérique de la France”


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