MinutePay : et l’e-mail devint porte-monnaie électronique

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Détenue à hauteur de 20 % par BNP-Paribas et en partenariat avec Banque Directe, la société MinutePay propose un service, gratuit, de paiement électronique par e-mail entre particuliers. Les montants ne peuvent dépasser 2 500 francs par transaction et le double chaque mois. MinutePay étendra ses services aux sites marchands avant la fin de l’année. Enfin un moyen de paiement fiable ?

Les paiements électroniques entre particuliers ne sont plus, depuis aujourd’hui, une utopie en France – du moins pour les utilisateurs de PC sous Windows, les fans du Mac devront attendre encore deux semaines. MinutePay France SAS, société européenne détenue par ses fondateurs, BNP-Paribas à hauteur de 20 %, et soutenu par le fonds d’investissement Chrysalead (Danone, CVC Capital Partners, GIMV) et Valoris, lance aujourd’hui son service éponyme de paiement par e-mail. Le paiement proprement dit s’effectue par un simple e-mail à son correspondant. Le créditeur est prévenu par courrier électronique de l’arrivée d’une somme d’argent qu’il “accepte” en créditant à son tour son compte. Il faut, bien sûr, que les deux correspondants disposent d’une adresse e-mail et d’un compte MinutePay (lequel peut être créé au moment de la réception de la transaction). Mais comme tout est gratuit (l’ouverture du compte comme les transactions) et relativement simple à utiliser (pas de plug-in à télécharger, pas d’inscription auprès d’un tiers de confiance, pas de lecteur de carte…), l’internaute particulier devrait se laisser tenter.

Enchères, mandat, centralisation d’une somme d’argent en vue d’un achat en commun, remboursement, etc., MinutePay vise tous les mouvements monétaires entre particuliers. “MinutePay remplace les moyens de paiement obsolètes et lourds à gérer comme le chèque”, justifie Alain Pinto, vice-président et cofondateur de la société avec Brian Margolis. Les transactions sont d’ailleurs plafonnées à 2 500 francs avec un maximum de 5 000 francs par mois et aucun plancher. Le transfert s’effectue en temps réel, permettant aux deux protagonistes d’entériner leur échange en toute confiance. L’alimentation du compte s’effectue par les moyens habituels, à savoir l’envoi d’un chèque par voie postale, le virement bancaire ou encore le paiement par carte de crédit. Si dans ce dernier cas, le numéro de la carte circule en ligne (une seule fois et sécurisé en SSL par une clé de cryptage à 128 bits), le chèque et le virement préservent le transfert des coordonnées bancaires. Cela devrait rassurer les 67 % de Français qui jugent rédhibitoire l’envoi en ligne de ces informations, selon un sondage de l’institut Baronet.

Pratique pour les sites marchands

Ce principe de paiement devrait également séduire les sites marchands. Notamment ceux qui appuieraient leur modèle économique sur la commercialisation d’articles de petits montants (comme les sites de contenu) ou le remboursement de gains (comme les sites de loterie). “Nous souhaitons faire de MinutePay un porte-monnaie électronique standard et universel”, explique Alain Pinto. Mais si MinutePay est entièrement gratuit pour le particulier, le site marchand devra supporter une commission sur chaque transaction. “Mais la commission sera compétitive par rapport à celle des cartes bancaires”, prévient le vice-président. Garantie du paiement et répudiation impossible sont autant d’avantages non négligeables économiquement pour le marchand. Celui-ci devra cependant patienter jusqu’à novembre, date prévue pour l’ouverture de ces services. “Les plafonds des montants sont encore l’objet de nos réflexions”, justifie Alain Pinto.

Car, si MinutePay gagne de l’argent sur la gestion des encours, “notre modèle économique s’appuie, à terme, sur les commissions des transactions”. Un modèle qui pourrait être très rentable. Aux Etats-Unis, PayPal, un système équivalent, est utilisé par 10 millions d’internautes. Et, selon l’institut américain de recherche Celent (Boston), le volume de transaction a dépassé les 3 milliards de dollars (3,29 milliards d’euros). MinutePay attend 1 million d’utilisateurs en France d’ici fin 2002 et vise la rentabilité pour courant 2003. Pour cela, MinutePay va progressivement ouvrir ses services au reste de l’Europe à commencer par le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.


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