Emmanuel Torregano : « Une réussite pour la musique »
Emmanuel Torregano est un ancien journaliste du Figaro, aujourd’hui rédacteur en chef d’un site d’actualité sur les nouveaux médias (Electronlibre.info).
Auteur d’un ouvrage sur l’évolution de l’industrie du disque qui sortira ce mois-ci (intitulé « Vive la crise du disque »), il fait partie des experts qui ont été audité par la mission Zelnik pour élaborer le rapport final.
« Mon avis est mitigé » , lance d’emblée Emmanuel Torregano, contacté par ITespresso.fr. « C’est certainement une réussite pour la musique, moins pour la vidéo ».
« L’idée de la gestion collective pour la musique est une très bonne idée, il faut le faire » , remarque notre confrère.
En revanche, il tempère son propos pour le cinéma : « c’est un peu frileux et c’est dommage [...] il faudrait aller plus loin pour voir arriver des offres fortes avec une grande diversité de catalogues, des prix cohérents… tout cela manque »
Pour lui, il faudrait répliquer l’idée d’une gestion collective pour l’industrie cinématographique pour faciliter les relations entre les producteurs et les diffuseurs tels que YouTube ou Dailymotion.
L’idée d’abaisser la TVA sur les services triple play est également à ses yeux « complexe » mais un « mécanisme fiscal qui permettrait de dégager plusieurs dizaines de millions d’euros par an. »
« Pour la presse et l’édition, il est trop tôt pour se prononcer [...] généraliser le prix unique au livre dématérialisé pourquoi pas mais je ne vois pas très bien quel sera l’effet », s’interroge le journaliste.
L’assaut contre Google et sa prédominance dans la publicité en ligne le laisse perplexe. « Il y a un côté Astérix et les Gaulois en s’attaquant à Google [...] on ne taxe pas Orange mais on va taxer Google [...] ce sera juridiquement très compliqué parce qu’il est toujours difficile d’aller voir un acteur économique pour lui prendre de l’argent et le donner à un autre acteur au nom d’un principe qui échappe à ce dernier. »
Comment passer de la réflexion à l’action ? Mystère. « Il a été dit que cela ne pourrait se faire que si les partenaires européens le faisait donc autant dire que c’est une belle intention mais je ne vois pas très bien comment on peut y arriver. »
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Derniers commentaires
3 Responses to Mission Zelnik : réactions de la SACEM, UFC-Que Choisir, GESTE et Emmanuel Torregano-
Le 7 janvier 2010 à 22:20 par Carla Noirci
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Le 8 janvier 2010 à 9:48 par JD
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Le 8 janvier 2010 à 12:03 par webreac
L’incompétence de la SACEM n’a d’égal qu’avec son incurie. Concrétement, comment precevoir des taxes sur les revenus publicitaires d’entreprises étrangères, régies par des procédures fiscales hors juridiction ? C’est comme NKM qui souhaite protéger les données (vous savez, le contenu des mails, ou tout autre donnée personnelle), alors même que les contrats d’agrément que l’internaute accepte pour ouvrir un compte FaceBook ou Gmail, stipule que tout appartient à America Inc.
Du bla bla de salonnard, que dis-je, de parasties de la culture; les vautours SACEM sont, eux, grasselment payés pour produire du vent.
et où est la création dans tout cela?
Le problème, ce sont les majors qui se sont engraissées pendant des années sur le dos des consommateurs et des musiciens. Avec la disparition des coûts de production du support physique et la possibilité de diffuser à coût quasi nul, ces parasites n’ont plus de raison d’être.
Je suis sur que les consommateurs « pirateraient » moins si l’argent arrivait aux artistes au lieu de financer cette immonde mafia.
Ce que j’entend souvent des gens qui téléchargent illégalement, c’est : « Ne pas payer une chanson, ce n’est pas vraiment voler l’artiste puisque de toute façon il ne reçoit qu’un pourcentage infime, c’est le seul moyen de s’opposer à cette mafia de parasites ».
Je crois qu’une loi qui obligerait à donner aux artistes au moins 50% du prix payé par les consommateurs serait le seul moyen de réfuter cette pensée.