Mobilisation contre Uber : les chauffeurs VTC remettront ça après les fêtes

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Suspendu vendredi dernier, le mouvement social des chauffeurs VTC ne reprendra qu’en janvier. Le boycott de l’application Uber reste toutefois d’actualité.

Suspendu vendredi dernier pour le week-end de Noël « par respect pour la population », le mouvement social des chauffeurs VTC ne reprendra finalement que début janvier.

Ainsi en ont décidé Actif-VTC, CAPA VTC et le SCP-VTC, considérant que la période des fêtes, synonyme de congés pour de nombreuses parties prenantes au débat, n’était pas propice à la mobilisation et aux négociations avec les plates-formes comme avec les pouvoirs publics.

Le boycott d’Uber – principale cible de la protestation – reste toutefois d’actualité, comme le précise, sur sa page Facebook, l’organisation Actif-VTC.

Du côté du Syndicat des chauffeurs privés-VTC, rattaché à l’Unsa, on exhorte les chauffeurs à « rester en alerte et surtout rester déconnectés de la plate-forme uber [sic] à tout prix ». Tout en affirmant, au regard des concessions de Thibaud Simphal : « Nous sommes prêts [sic] du but ».

De quelles concessions parle-t-on ? De celles que le directeur d’Uber pour la zone Europe de l’Ouest a formulées dans un entretien accordé à Alternatives Économiques. « Nous serions prêts à rogner nos marges et/ou à augmenter nos tarifs auprès des consommateurs, à condition que tout le secteur suive », a-t-il déclaré.

Et les taxis ?

Concernant l’augmentation des commissions d’Uber (passage de 20 % à 25 % du montant de la course), qui cristallise les tensions chez les chauffeurs, le dirigeant assure qu’elle vise à couvrir les investissements de l’entreprise à l’heure où certains investisseurs commencent à « demander des comptes » (le groupe a enregistré des pertes de 2 milliards d’euros l’an dernier).

Thibaud Simphal explique par ailleurs travailler avec les constructeurs et les loueurs automobiles, ainsi qu’avec le gouvernement, pour permettre aux chauffeurs d’accéder à des véhicules légers avec de plus petites motorisations. Tout en précisant qu’Uber a négocié des tarifs avec des cabinets d’experts-comptables et des compagnies d’assurance pour aider ses chauffeurs.

Il revient également sur le fonds d’indemnisation des taxis que prévoit la proposition de loi Grandguillaume, adoptée la semaine passée en lecture définitive par les deux chambres. « Nous refusons que ce fonds serve à indemniser les grandes centrales qui ont spéculé sur les licences et nourri la hausse de leur prix de marché ou les taxis qui ont acheté leur licence avant que celle-ci ne prenne de la valeur ».

Du côté des organisations à l’origine du mouvement qui dure depuis le 15 décembre, on se félicite de l’ouverture, par le gouvernement, d’une procédure de médiation sous la houlette de Jacques Rapoport, inspecteur général des finances et qui a pour mission de concilier les positions d’ici à fin janvier.

Le ministre des Transports Alain Vidalies avait convoqué, le 19 décembre, une première réunion avec les plates-formes et les représentants des chauffeurs VTC. Lesquels avaient, à la suite des discussions, déploré l’échec des tentatives de négociation avec Uber.

Tout en maintenant que « [ses] tarifs et frais de service […] se situent à un niveau indispensable pour garantir [sa] pérennité face à des investissements importants », la société venue de Californie relève que les leaders de CAPA VTC et du SCP-VTC ne travaillent pas avec son application et « s’opposent de longue date à l’existence même des plates-formes VTC ».

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