Moneo : extinction programmée pour le porte-monnaie électronique

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L’arrêt commercial du service de porte-monnaie électronique interbancaire Moneo va s’échelonner sur les prochains mois, après 15 années d’exploitation.

L’aventure Moneo aura duré un peu plus de 15 ans.

Le 30 juin 2015 marquera l’arrêt commercial de ce service de porte-monnaie électronique lancé à l’aube du nouveau millénaire par les grandes banques françaises, associées au sein de la structure Moneo Payment Solutions.

Une première étape vers l’extinction a été franchie le 30 mars : il est, depuis cette date, impossible de recharger une carte sur Internet, via un lecteur USB.

L’achat de codes de chargement au Crous (pour les étudiants) et sur la boutique en ligne restera disponible jusqu’au 30 avril. A cette même échéance, les commerçants équipés de systèmes d’encaissement compatibles ne pourront plus accepter Moneo.

Les paiements sur les automates (hors Centres régionaux des oeuvres universitaires) et horodateurs seront pris en charge jusqu’au 30 mai.

Le véritable clap de fin interviendra donc le 30 juin, dernier jour pour recharger des cartes sur des bornes Moneo, utiliser des codes de chargement et régler la plupart des paiements sur les automates des Crous (photocopieurs, laveries…).

Une prolongation sera accordée jusqu’au 17 juillet pour le paiement des repas dans les cafétérias et restaurants universitaires. Le remboursement des soldes sur les cartes via les bornes actives restera possible jusqu’au 28 juillet. Un formulaire de demande de remboursement sera par ailleurs mis en ligne quelques semaines en amont.

L’exception Moneo Resto

Étendu, en 2005, aux parcmètres et aux cartes d’étudiants, Moneo peut aujourd’hui être intégré à même une carte bancaire (un logo distinctif signale la compatibilité), mais aussi être exploité en version « carte privative ». Dans ce dernier cas, il donne accès à des fonctionnalités propres : le contrôle d’accès pour les étudiants, des minutes de stationnement supplémentaires en ville, etc.

Les montants maximum sont fixés à 100 euros pour le rechargement et 30 euros pour le paiement. Certaines cartes ne peuvent être créditées que sur des bornes physiques ; d’autres, uniquement sur Internet. Certaines peuvent l’être par les deux moyens.

Plusieurs déclinaisons ont été lancées au fil des années, notamment pour régler le stationnement, mais aussi les repas, avec la carte Moneo Resto, greffée sur le réseau MasterCard et dont l’ambition est de remplacer les titres-restaurant.

D’après Le Figaro, seule cette carte est amenée à continuer son activité. A son actif, 45 000 porteurs revendiqués, soit environ 3 % d’un marché global de 3,5 millions de salariés.

Plus dure sera la chute

La dernière « actualité » publiée sur le site Web de Moneo remontent à… mars 2012. Elle porte sur les téléphones équipés de puces NFC. C’est justement le sans contact qui a précipité la chute de Moneo, selon Maxime Chipoy.

Le responsable du service des études chez UFC-Que Choisir confie au Parisien que : « d’une part, les utilisateurs devaient charger leur carte, ce qui est moins pratique que le paiement sans contact, et d’autre part, les commerçants devaient acquitter une commission supplémentaire ».

Le véritable coup de grâce est porté en 2010 : les banques françaises se désengagent et cèdent le projet au fonds d’investissement BlackFin. En 2013, les parcmètres parisiens cessent d’accepter Moneo. Puis en 2014, c’est le groupe BPCE qui remporte le marché des universités. Son système Izly doit être mis en oeuvre sur tous les campus à la rentrée 2016 par les 28 Crous.

Directeur général de Moneo Payment Solutions, Serge Ragozin reconnaît, dans les colonnes de La Tribune, que « le marché des étudiants [représentant] plus de 90 % des transactions […], il n’est pas viable de continuer cette carte pour les 10 % de transactions restants, qui concernent des petits achats dans les commerces notamment ».

Crédit photo : TACstock1 – Shutterstock.com


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