Motorola accueillera iTunes sur ses téléphones mobiles

Mobilité

Apple et Motorola ont signé un partenariat concernant l’intégration d’iTunes dans de futurs téléphones portables. Une annonce qui pourrait influer sur le marché des baladeurs numériques.

C’est à la surprise générale que Motorola et Apple ont annoncé la signature d’une alliance autour d’iTunes, mardi 27 juillet 2004. L’accord entre les deux sociétés, finalisé quelques heures avant son annonce, consiste pour Motorola à fournir dès le premier semestre 2005 des téléphones mobiles dotés d’une version dédiée d’iTunes. Intitulée “iTunes Mobile Music”, l’application sera disponible début 2005. Les utilisateurs de téléphones équipés pourront stocker quelques douzaines de chansons et en gérer la liste depuis leurs Mac ou leur PC. Une connexion Bluetooth ou USB permettra de changer les listes de lecture que les combinés pourront emporter. Les téléphones de prochaines générations, qui utiliseront les réseaux GSM, GPRS et UMTS en Europe et CDMA2000 aux Etats-Unis, emporteront plus que quelques douzaines de chansons. Motorola a ainsi dévoilé un modèle capable d’emporter jusqu’à 170 morceaux, soit environ 9 heures de musique. Un remplaçant de l’iPod ? “Nous ne le pensons pas. Il contient quant à lui des milliers de chansons”, a indiqué Eddy Cue, le directeur des applications Apple, au Chicago Tribune. L’accord non exclusif laisse la possibilité à Motorola de proposer également les solutions de Real ou de Microsoft sur ses terminaux mobiles. Quant à Apple, elle reste libre de proposer iTunes Mobile Music pour téléphones cellulaires aux concurrents de Motorola. Le logiciel devrait également mettre un terme à la rumeur d’un iPhone signé Apple (voir édition du 9 décembre 2002).

Cette annonce renforce la stratégie de partenariats d’Apple, destinée à accélérer la pénétration de sa solution musicale. Dans cette perspective, la firme s’est entourée de partenaires puissants : AOL, le premier service d’accès à Internet ; HP, le premier constructeur mondial d’ordinateurs ; et aujourd’hui Motorola, classé en deuxième place des ventes mondiales de téléphones cellulaires au premier trimestre 2004, selon l’institut Gartner. Pour Motorola, l’accord trouvé est du pain béni : en offrant ce service, la firme disposera d’un avantage sur ses concurrents en début d’année 2005 . Le fonctionnement d’iTunes Mobile Music est fortement lié à l’adoption des standards 3GPP et 3GPP2 sur les terminaux mobiles et sur les réseaux cellulaires (voir édition du 4 juin 2003). L’un comme l’autre sont fondés sur le standard MPEG-4, lui-même basé sur l’architecture QuickTime.

Des intérêts stratégiques

Pour Apple, l’accord signé sert plusieurs objectifs : grâce à Motorola, la firme est susceptible de distribuer plusieurs dizaines de millions de copies d’iTunes pour téléphones portables en 2005. De quoi augmenter sa part de marché des ventes de musique en ligne. Mais les portables de Motorola permettent aussi à Apple d’être présente sur le segment des lecteurs MP3 à mémoire Flash. L’accord pourrait provoquer à terme une cannibalisation de ce segment et diminuer l’intérêt pour ce type de lecteurs. Auquel cas, les véritables concurrents de l’iPod ne seraient plus que les modèles fonctionnant sur disques durs. L’autre intérêt de ce partenariat est de mettre Apple en position de contrecarrer l’arrivée tardive de son rival le plus dangereux : Microsoft. Celui-ci prépare activement le lancement de Windows Media Player 10, annoncé comme la solution concurrente la plus dangereuse. Au-delà des atermoiements sur l’actuelle position hégémonique d’Apple, le véritable bras de fer entre Apple et Microsoft commencera en 2005.


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