Mozilla/Firefox vise 10 % du marché des navigateurs

Cloud
Information - news

Les objectifs de la fondation Mozilla sont ambitieux : proposer une alternative crédible à Internet Explorer ainsi qu’un environnement de développement d’applications WebSes. Vnunet.fr a rencontré deux représentants de Mozilla/Firefox côté Etats-Unis et côté Europe.

Firefox, le navigateur développé par la fondation Mozilla, devrait débarquer le 9 novembre prochain en version finale 1.0 (et en anglais dans un premier temps). Pour l’heure, la version Preview Release disponible depuis la mi-septembre (voir édition du 21 septembre 2004) compte déjà plus de six millions de téléchargements.

“Avec Firefox 1.0, nous visons les 10 millions de téléchargements en 100 jours”, annonce Bart Decrem, responsable marketing de la Fondation Mozilla aux Etats-Unis que la rédaction de Vnunet.fr a pu rencontrer à l’occasion d’une tournée européenne, accompagné de Tristan Nitot, président de Mozilla Europe. Pas de quoi réellement inquiéter Microsoft et son navigateur Internet Explorer livré, par défaut, avec Windows sur quasiment tous les nouveaux PC vendus. Pourtant, l’éditeur du navigateur open source n’en vise pas moins, à terme, 10 % de part de marché des navigateurs.

Des centaines de contributeurs

Cet objectif est réalisable compte tenu de la popularité dont bénéficie Firefox bénéficie ces derniers mois. “Il y a six mois, c’étaient essentiellement des utilisateurs avertis qui exploitaient Firefox”, commente Bart Decrem, “aujourd’hui, c’est franchement un public plus généraliste. Il y a un phénomène de bouche-à-oreille qui atteint une masse critique.”

Le représentant américain ajoute que “plus de la moitié des téléchargements de Firefox 1.0 PR sont effectués sous Internet Explorer”. Un succès qui s’explique en partie par le nombre de failles critiques dont est victime le navigateur de Microsoft et qui poussent les utilisateurs à se tourner vers des alternatives potentiellement moins intéressantes pour les pirates.

Mais l’insécurité régnante autour d’IE n’explique pas tout. “IE n’a quasiment pas évolué depuis sa sortie [en 2001] et ne devrait pas évoluer avant Longhorn [la prochaine version de Windows attendue pour 2006, ndlr]”, explique le porte-parole, “notre mission est au contraire d’améliorer nos produits dans la continuité.”

Pour cela, Firefox bénéficie du travail de centaines de contributeurs ? développeurs, bêta testeurs, traducteurs (Firefox est déployé dans plus de 100 langues), etc. ? dans le monde. “Plus important que le mouvement pour le logiciel libre, c’est l’esprit communautaire qui anime les développements de Firefox”, soutient Tristan Nitot, “c’est peut-être la seule chose que Microsoft ne pourra jamais copier”.

Sans oublier les contributeurs prestigieux qui supportent, financièrement ou en investissements humains, la Fondation Mozilla : AOL, IBM, Sun, Novell, Oracle… “Le navigateur est la porte d’entrée du Net”, rappelle Bart Decrem, “Nos investisseurs ont intérêts à voir se développer une offre compétitive et diversifiée.” 85 % des utilisateurs de Firefox sous Windows

Car, au-delà du seul navigateur, c’est une plate-forme de développement d’applications Web que cherche à déployer la fondation Mozilla à travers le projet Mozilla 2 (à ne pas confondre avec la suite Web Mozilla dont les développements devraient s’arrêter avec la version 1.8). Cette plate-forme s’appuie notamment sur le langage de développement XUL basé sur XML et le projet Mono, version open source de ?NET de Microsoft (voir édition du 7 mai 2004), ainsi que le moteur de rendu graphique Gecko.

“Firefox est typiquement un exemple de développement issu de XUL et Gecko”, rappelle Bart Decrem. Autre exemple, MAB (Mozilla Amazon Base) qui autorise la consultation de la base de produits du marchand Amazon sans avoir à passer par le site en ligne. Nombre d’entreprises pourraient tirer parti de Mozilla 2. Pour Bart Decrem, “le succès de Firefox va inciter les développeurs à développer sous XUL qui, associé à Mono, est l’équivalent de ?NET et Internet Explorer.”

Par ailleurs, les applications open source représentent un pendant crédible pour les entreprises qui souhaitent changer d’environnement. “Il est important que des applications comme Firefox ou Open Office [la suite bureautique, ndlr] existent car elles offrent une transition à une migration vers Linux”, soutient Bart Decrem. Sans parler des arguments que le mouvement pour le logiciel libre apporte face aux solutions Microsoft dans le cadre de négociation commerciales. “Même si vous n’utilisez pas Firefox, vous bénéficiez de ses avancées à travers IE”, résume le porte-parole. Et de citer en exemple l’outil de bloquage des pop-up proposé avec le SP2 (voir édition du 31 août 2004).

Paradoxalement, les priorités de développement de Firefox vont se concentrer sur la plate-forme Windows. Car “85 % des utilisateurs de Firefox sont sous Windows”, justifie Bart Decrem. C’est une question de pragmatisme.


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur