Musique en ligne : le piratage régresse en Europe

Mobilité

La campagne européenne de la fédération des professionnels du disque a semble-t-il porté ses fruits. Les premières condamnations ne sont pas étrangères à cette évolution.

La Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique (IFPI) vient d’annoncer les premiers résultats de sa campagne européenne de lutte contre le téléchargement illégal d’oeuvres musicales, lancée en mars 2003. Des résultats satisfaisants, selon l’organisme, puisque un nombre croissant d’Européens (70 %) ont connaissance des enjeux et conséquences du piratage et que cette pratique est en diminution. En France, selon l’IFPI, 73 % des consommateurs n’ignorent plus, en mai 2004, le caractère délictueux des téléchargements sauvages, alors qu’ils étaient à peine 59 % en janvier 2004.

Parallèlement, le nombre de plates-formes légales de téléchargement n’a cessé d’augmenter pour répondre aux besoins des internautes. Le Vieux Continent dispose désormais de plus de 50 sites d’achat de musique en ligne, soit cinq fois plus qu’il y a un an. En France, une dizaine de plates-formes sont proposées dont OD2 (à travers ses partenaires MSN, Tiscali ou Wanadoo), le récent Virginmega.fr (voir édition du 18 mai 2004) ou encore e-Compil. Et la liste devrait prochainement s’allonger avec les lancements européens de l’iTunes Music Store, SonyConnect ou encore Napster 2.0.

De l’information à la répression

Les premières condamnations individuelles seraient également à l’origine de cette prise de conscience internationale. Au Danemark, 17 internautes ont accepté de payer des dédommagements de plusieurs milliers d’euros pour avoir téléchargé des titres musicaux sans s’acquitter des droits d’utilisation ; 24 autres personnes sont en attente de jugement. Accusé d’avoir téléchargé 6 000 titres, un Allemand a remboursé jusqu’à 8 000 euros. Trente personnes sont également poursuivies en Italie. Du coup, le nombre de fichiers musicaux à disposition sur Internet serait passé de 1,1 milliard en juin 2003 à 800 millions en mai 2004 et de 1 milliard à 700 millions sur les réseaux d’échange peer-to-peer (P2P). Soit respectivement 27 et 30 % de baisse.

Du côté français, la lutte s’organise. Les peines prévues en cas de contrefaçon ont été renforcées dans le cadre de la loi “Perben II” : jusqu’à 3 ans de prison et 300 000 euros d’amende. Le syndicat des producteurs, soutenu par Patrick Devedjian, a récemment lancé une campagne ? au goût douteux ? contre le piratage (voir édition du 4 mai 2004). Le ministre délégué à l’Industrie vient d’annoncer son intention, en concertation avec les professionnels du secteur et du ministère de la Culture (voir édition du 21 mai 2004), de mettre en place un plan national en trois points qui reprend la stratégie du SNEP, elle-même empruntée à celle de l’IFPI et de la RIAA aux Etats-Unis : information, répression, développement des offres commerciales. A ce jour, aucune poursuite n’a encore été engagée par le SNEP.


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