Musique en streaming : un modèle porteur qui a ses limites

Régulations
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À l’heure où le streaming porte le marché de la musique enregistrée, l’IFPI en déplore les limites, notamment en matière de redistribution des revenus.

Distorsion du marché, concurrence déloyale, redistribution inéquitable des revenus… La Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI) déplore les limites de la musique en streaming.

Dans son rapport annuel (document PDF, 44 pages), l’organisme syndical chargé notamment de faire respecter les droits d’auteur pointe plus particulièrement les services basés sur l’ajout de contenus par les utilisateurs.

En première ligne, YouTube, qui détournerait le cadre réglementaire international pour s’affranchir des redevances associées au copyright, en affirmant ne pas avoir besoin de négocier des accords de licences.

Estimant que les règles en question n’ont été établies que pour protéger les acteurs effectivement « passifs » dans la distribution de musique, l’IFPI en appelle à une réflexion concertée afin d’éliminer cette « faiblesse fondamentale ».

Il est d’autant plus important de se pencher sur cette problématique que les ventes de musique ont connu, en 2015, leur première hausse significative depuis vingt ans… essentiellement grâce au streaming. Le chiffre d’affaires global de l’industrie a en l’occurrence progressé de 3,2 % sur un an, atteignant 15 milliards de dollars.

Le décès des CD ?

La musique distribuée sur des supports physiques (CD, vinyle, cassette…) résiste dans certains pays comme le Japon et l’Allemagne, où elle représente encore respectivement 75 % et 60 % du marché. Mais la tendance est à la baisse : le CA est en recul de 4,5 %, dans la lignée d’une baisse de 8,5 % entre 2013 et 2014.

Pour la première fois dans les relevés de l’INPI, la part des supports physiques est, dans l’industrie de la musique enregistrée, inférieure à celle du numérique, qui capte désormais 45 % des revenus (+ 10,2 % d’une année sur l’autre, à 6,7 milliards de dollars).

Dans cette catégorie, il y a les téléchargements, pour lesquels la tendance est à la baisse : – 10,5 % de chiffre d’affaires, à 3 milliards de dollars, dont 1,4 milliard issu de la vente d’albums*.

Dynamique inverse pour le streaming, dont les revenus progressent de 45,2 %, à 2,9 milliards de dollars, soit 19 % du CA global de l’industrie (contre 14 % en 2014). L’IFPI recense plus de 68 millions d’abonnés à des services payants. Des souscriptions qui génèrent environ 2 milliards de dollars, soit près de quatre fois plus que les services financés par la pub.

À noter la légère progression (+ 4,4 %, à 2,09 milliards de dollars) des revenus associés à la diffusion publique de musique enregistrée – typiquement, la radio. Même remarque (+ 6,6 %) pour la musique utilisée dans les films, les jeux, les publicités et les programmes TV.

* L’album le plus vendu sur l’année est « 25 » d’Adele, avec 17,4 millions d’exemplaires. Suivent « X » d’Ed Sheeran (3,5 millions), « 1989 » de Taylor Swift (3,5 millions) et « Purpose » de Justin Bieber (3,1 millions).

Crédit photo : welcomia – Shutterstock.com


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