MVNO : Ten veut mettre l’Internet mobile à la portée de tous

Mobilité

Sous la houlette de l’ancien DG de Télé2 France, la nouvelle offre mobile intègre l’e-mail et la messagerie instantanée, en plus des forfaits voix.

“L’Internet mobile n’est pas à la portée de tous, c’est cher et compliqué. C’est pour cela que nous avons créé Ten.” Moins de six mois après avoir quitté la direction générale de Télé2 France (voir édition du 3 janvier 2006), Jean-Louis Constanza présente aujourd’hui, jeudi 8 juin 2006, son offre de téléphonie mobile. Ten, qui a notamment bénéficié d’un budget de lancement de 2,5 millions d’euros apporté par le fonds d’investissement Axa Private Equity, s’appuie sur le réseau d’Orange. Après Télé2 Mobile, M6 Mobile, Virgin Mobile France, Neuf Mobile ou, plus récemment, Coriolis Télécom (voir édition du 18 mai 2006), Ten s’inscrit donc comme le onzième opérateur à réseau mobile virtuel (MVNO) sur le marché français.

Pour se distinguer de la concurrence, le nouvel opérateur joue la carte de l’Internet mobile en apportant les services de courrier électronique et de messagerie instantanée. “Le mail et la messagerie instantanée sont les applications qui vont exploser dans les années à venir en mobilité”, soutient Jean-Louis Constanza. Selon le cabinet d’études Ovum, les revenus générés par le texte en mobilité va passer de 2,5 milliards d’euros en 2005 à 30 milliards en 2008 en Europe. Si des solutions existent à travers divers terminaux “smartphone” (Treo de Palm, BlackBerry de RIM…), elles sont la plupart du temps destinées aux usages en entreprise. Ten vise le grand public et les professionnels en mobilité qui n’ont pas les moyens des grandes comptes (artisans, infirmières, etc.). “Il y a 15 millions d’internautes en France qui veulent utiliser l’e-mail et la messagerie instantanée en mobilité”, assure le dirigeant de Ten.

L’e-mail illimité

Concrètement, l’offre se traduit par le support de plusieurs comptes e-mail (en mode “push”), quels qu’en soient les fournisseurs. Autrement dit, qu’il soit chez Free, Neuf ou encore Club-Internet, l’utilisateur conserve ses adresses e-mails habituelles sur son téléphone. Ce qui distingue notamment le service de Ten de l’offre iMode de Bouygues Télécom qui impose une nouvelle adresse électronique (de type nom@imode.fr). Dans un premier temps, seules les photos (limitées à 50 Ko) pourront être ajoutées en pièces jointes aux courriers électroniques. Mais l’offre devrait s’étoffer de nouveaux services, comme les fichiers vidéo ou la voix sur IP, au fil des mois, assure Jean-Louis Constanza sans s’avancer sur une date précise. Une offre professionnelle attendue pour la rentrée devrait cependant intégrer ces fonctionnalités. La messagerie instantanée se limite pour l’heure au réseau de Microsoft MSN Messenger, incontournable avec ses 11 millions d’utilisateurs en France. Quant aux autres réseaux, Yahoo, Google ou AIM, “on y passera le moment venu”, lâche le dirigeant de Ten.

L’e-mail et la messagerie instantanée sont proposés en illimité à 8 euros par mois, ou 6 euros l’un des deux au choix. En revanche Ten ne propose pas de forfait navigation Internet qui sera donc facturé 5 centimes d’euro le Ko. Des tarifs qui s’ajoutent aux forfaits voix. Lesquels s’étendent de 22 euros pour une communication à 63 euros pour les 6 heures. “Avec facturation à la seconde dès la première seconde”, insiste le dirigeant. Trois terminaux de dernières génération accompagnent l’offre : le Sony-Ericsson K750 (39 euros), le Nokia 6681 (79 euros) et le Qtek 9100 à 149 euros. Des tarifs subventionnés conditionnés par un engagement de deux ans.

Une approche “plug & play”

Jean-Louis Constanza et son équipe, composée de dix personnes au départ (d’où l’origine de la marque), ont de grandes ambitions pour Ten. Notamment en matière d’innovation, moteur de séduction des utilisateurs. L’offre de Ten est d’ailleurs présentées comme “plug & play”, une solution qui demande un minimum d’intervention de l’utilisateur pour paramétrer son téléphone. Jean-Louis Constanza compte d’ailleurs beaucoup sur le bouche-à-oreille pour faire connaître son produit. Ce qui n’empêche pas le nouvel MVNO de se lancer dans un plan de campagne publicitaire aussi massif que celles de la concurrence.

Et pour cause. Aujourd’hui, le marché des MVNO compte pour moins de 1 % du marché mobile en France. La concurrence sera donc rude. Mais, confiant, Jean-Louis Constanza estime “qu’il n’y a pas d’offre équivalente dans le monde et nous avons la volonté de la développer à l’international”. Si le dirigeant se garde de tout pronostic, les objectifs se comptent “en centaines de milliers de clients rapidement et en millions à terme”. Ten se distingue également son mode de commercialisation qui se fera exlusivement à partir du site web ou par téléphone. Du moins dans un premier temps.

 

Retrouvezl’interview podcastde Jean-Louis Constanza, réalisée par les équipes de Vnunet.fr et de Silicon.fr.


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