Napster, spécialiste du gain de temps

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Napster avait jusqu’à ce matin (heure française) pour parvenir à filtrer les titres que lui ont fourni les maisons de disques. Son PDG Hank Barry a assuré redoubler d’efforts dans une tâche qui paraît bien difficile. Il vient d’annoncer avoir trouvé l’aide de Gracenote (anciennement CDDB). Tout pour gagner du temps, semble-t-il, alors que la fin approche.

Fermera, fermera pas ? Impossible de se prononcer sur le sort de Napster : on ne sait même pas quelle sera la décision de la juge Patel s’il ne se conforme pas à son injonction. Le jugement lui impose d’empêcher l’échange par son système des titres que doivent lui fournir les Majors de l’industrie du disque qui le poursuivent (voir édition du 7 mars 2001). Or, l’ultimatum a été fixé au mercredi 14 mars au soir, soit ce jeudi matin en France métropolitaine. Quoi qu’il en soit, Napster peut être considéré comme un champion du gain de temps. Depuis le début de son procès, il est parvenu à continuer de fonctionner, permettant ainsi l’échange illégal d’un nombre impressionnant de titres, pour le plus grand plaisir de ses utilisateurs. Ainsi, ce mercredi 14 mars, on trouvait sans difficulté sur Naspter le dernier album des Daft Punk sorti cette semaine…

Lundi dernier, lors d’une conférence de presse, Hank Barry, le PDG de Napster, a présenté un compte-rendu de l’avancement du filtrage. D’après lui, ses équipes sont parvenues à filtrer 115 000 chansons de 26 000 artistes et elles continueraient jour et nuit à le faire manuellement. Les membres de la RIAA lui ont adressé le 9 mars une première liste de 135 000 titres (voir édition du 13 mars 2001), mais Napster a depuis fait savoir qu’il considérait que les fichiers fournis par Sony n’étaient pas conformes aux termes de l’injonction. La maison de disques aurait délivré une liste de 46 000 titres avec le nom de l’artiste et celui du morceau, mais pas d’exemple de nom de fichier que l’on peut trouver sur Napster. En début de semaine, le filtrage paraissait peu efficace puisque basé sur un nom facilement modifiable (voir édition du 6 mars 2001). Hank Barry l’a reconnu depuis en prenant l’exemple de Metallica dont il prétend qu’il existe 35 variations du nom sur Napster.

Un partenariat qui tombe à pic

Depuis, Napster s’appuie sur un nouveau partenaire pour prouver sa bonne volonté à filtrer. Il vient d’annoncer dans un communiqué daté du 13 mars son alliance avec Gracenote (anciennement CDDB). La société a développé une gigantesque base de données accessible via Internet qui permet de déterminer automatiquement le nom d’une chanson. Par exemple, un utilisateur relié à Internet plaçant un CD dans le lecteur de son ordinateur peut automatiquement en connaître le nom, il ne lui est pas nécessaire de le saisir. Gracenote possèderait une base de données alimentée par ses utilisateurs comprenant 140 000 variations sur 250 000 noms d’artistes et environ 3 millions d’orthographes différentes sur 9 millions de noms de morceaux de musique. Les artistes les plus populaires possèderaient plus de 50 variations. Il est amusant de noter que Gracenote compte parmi ses partenaires AOL-Time Warner avec Winamp et Sony, deux Majors qui poursuivent Napster. “Nous étudions un partenariat avec Gracenote depuis des mois,” soutient Hank Barry dans le communiqué. L’accord tombe comme par miracle au dernier moment. Napster est champion du gain de temps, mais cela ne lui suffira peut-être pas…


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