Navya lève 30 millions d’euros : le Qatar apprécie les navettes autonomes

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Valeo, Keolis et un fonds qatari mettent leurs billes dans la société française Navya et ses navettes électriques autonomes.

De l’Arabie saoudite au Qatar, les pays du Golfe mettent leurs billes dans les nouvelles solutions de mobilité.

Le premier est entré, cet été, au capital d’Uber dans le cadre d’un tour de table chiffré à 3,5 milliards de dollars.

Le second investit dans les navettes électriques autonomes par le biais de la holding Group 8, qui accompagne la start-up française Navya dans une levée de fonds sans précédent : 30 millions d’euros.

L’opérateur de transport public Keolis (groupe SNCF) et l’équipementier automobile Valeo participent également à cette augmentation de capital.

Ils rejoignent, au rang des actionnaires de Navya, CapDecisif Management.

Cette société de gestion avait, en association avec le Fonds régional de co-investissement de la Région Île-de-France, pris une participation l’année passée dans le cadre d’un tour de financement de 4,1 millions d’euros impliquant aussi des salariés de l’entreprise, un groupement de business angels et la holding Gravitation fondée par Charles Beigbeder.

Accompagne Navya depuis sa création en 2014 via son fonds Robolution Capital créé à l’initiative de Bruno Bonnell et d’Orkos Capital, 360 Capital Partners conserve le contrôle de l’entreprise, qui compte « [se] donner les moyens humains, techniques et commerciaux pour assurer [son] développement ».

Entre Paris et Lyon

Basée dans le 18e arrondissement de Paris, où se trouve son équipe R&D d’une trentaine de personnes, la société est également installée à Villeurbanne, où elle gère la partie administrative ainsi que la production, les tests et la validation.

À l’occasion de cette levée de fonds, la gouvernance est remodelée.

Tandis que Bruno Bonnell prend la tête d’un conseil de surveillance qui réunit 8 membres représentant les actionnaires, Christophe Sapet, président de Navya et connu pour avoir entre autres fondé la société Infogrames, récupère la présidence du directoire.

Un premier objectif est fixé sur le court terme : disposer, d’ici à la fin de l’année, d’une trentaine de navettes opérationnelles.

Cette navette, baptisée Arma, peut accueillir jusqu’à 15 personnes, avec une vitesse maximale de 45 km/h et « 5 à 13 heures d’autonomie » sur une charge. Elle embarque une batterie de capteurs, du lidar au GPS en passant par l’odomètre pour mesurer le déplacement et la vitesse des roues.

De Sion à Doha

Le véhicule est exploité sous plusieurs marques. Par exemple Intellibus en Australie dans le cadre d’un partenariat avec RAC. Ou SmartShuttle dans la ville suisse de Sion avec CarPostal.

Arma est aussi déployée sur des sites privés. Illustration avec la centrale nucléaire EDF de Civaux.

Ce modèle de « déplacement du dernier kilomètre » peut tout autant s’appliquer aux aéroports, aux hôpitaux, aux complexes hôteliers ou aux parcs d’attractions. Il s’inscrit par là même dans la philosophie de Group 8, qui s’intéresse, via la société Smart Transport qui lui est rattachée, à l’optimisation des infrastructures de transport au Qatar dans le cadre du plan national « Vision 2030 ».

Un accord de distribution a d’ailleurs été signé pour couvrir le Moyen-Orient et l’Afrique, tout en installant une ligne d’assemblage dans le Golfe.

Navya accédera aussi aux technologies de Valeo en vue de leur intégration sur des navettes autonomes. Le rapprochement avec Keolis s’effectue au niveau de la gestion de flottes sans conducteurs au sein des collectivités territoriales.


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