Neuf Télécom et Cegetel dessinent leur stratégie commune

Mobilité

En étendant son réseau et en développant ses offres professionnelles, Neuf Cegetel ambitionne de devenir le premier opérateur alternatif.

La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) aura attendu le dernier moment, vendredi 12 août 2005 en fin d’après-midi, pour rendre son avis sur la fusion de Neuf Télécom et Cegetel. Les deux groupes ont finalement reçu le feu vert de Bercy et vont donc enfin pouvoir réunir leurs activités. Après une première série de discussions interrompue en 2004, les négociations entre les deux opérateurs avaient repris au printemps dernier.

Un conseil d’administration devrait se tenir en début de semaine prochaine, probablement lundi 22 août, notamment pour annoncer la nomination de Jacques Veyrat à la présidence du nouveau groupe, tandis que la direction sera assurée par Michel Paulin. Les deux hommes sont respectivement président et directeur général de Neuf Télécom. Il ne devrait rester aucun cadre issu de Cegetel dans le cercle des dirigeants de la nouvelle entité qui, pour le moment, s’intitulera Neuf Cegetel.

Un million de clients ADSL

La fusion permettra évidemment aux deux groupes de réunir leurs services et particulièrement leurs réseaux nationaux. A terme, le réseau unifié de Neuf Cegetel couvrira plus de 70 % de la population française. On est certes encore loin des 96 % de couverture annoncés par France Télécom pour la fin de l’année en matière de liens ADSL mais le réseau de Neuf Cegetel s’imposera alors comme le premier parmi les opérateurs alternatifs, à savoir Free, Tiscali/Telecom Italia et, à moyen terme, T-Online/Club-Internet.

La nouvelle entité compte désormais 1 million d’abonnés haut débit résidentiels. Ce qui rapproche Neuf Cegetel de Free (qui a récemment annoncé 1,3 million de clients ADSL, voir édition du 2 août 2005). Mais l’objectif est bien de dépasser la filiale Internet d’Iliad pour se placer comme le concurrent direct du leader France Télécom/Wanadoo. La conquête des nouveaux abonnés passera par les campagnes publicitaires de la rentrée. Lesquelles, programmées depuis longtemps, continueront d’être lancées pour chacune des marques. Une offre unique présentée sous une marque qui reste à définir pourrait cependant voir le jour dès octobre ou novembre prochain.

Il ne faut pas en attendre de gros changements tant en termes de tarifs (les 15 euros par mois pour un accès à 8 ou 20 Mbits/s selon que l’on bénéficie de l’ADSL 2+ ou non, semblent constituer un plancher) que de services (Neuf Télécom proposant déjà du tripleplay). L’offre unique permettra surtout aux abonnés de Cegetel de bénéficier, enfin, de la télévision par ADSL, un service que l’opérateur avait promis dès le lancement de ses premiers forfaits ADSL début 2004 (voir édition du 8 janvier 2004). Selon la direction de Neuf Télécom, les C-Box, les modems ADSL de Cegetel, seraient parfaitement compatibles avec le décodeur NeufTV compatible TNT, qui permet l’accès à près de 200 chaînes dont les bouquets numériques Canal+/Canal Sat et TPS. Une option actuellement proposée à 6 euros par mois (hors chaînes payantes) qui viennent s’ajouter à l’abonnement de base.

Ralentissement des baisses sur le marché professionnel

La bataille se jouera également sur le marché professionnel, sur lequel Neuf Cegetel détiendra environ 18 % de part contre 75 % pour France Télécom. Si le nouveau groupe s’est engagé auprès des autorités financières à ne pas relever ses tarifs sur les offres de ventes en gros, les baisses tarifaires sur les prestations d’entreprises devraient ralentir en passant de 20 % par an à moins de 10 %. La réunion des deux groupes passera également par des économies d’échelle, notamment à travers un plan de restructuration basé sur des départs volontaires dans des conditions très avantageuses selon la direction. Difficile, donc, de savoir à l’avance combien de personnes sur les 3 800 employés vont profiter du rapprochement pour partir. Si aucun départ ne sera imposé, la nouvelle direction espère que la baisse de la masse salariale représentera 15 % des économies réalisées grâce au rapprochement. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, le groupe vient également d’obtenir un accord de prêt de 500 millions d’euros qui lui permettra d’indemniser SFR, qui avait racheté les 35 % que Telecom Developpement, une filiale de la SNCF, détenait dans Cegetel. L’objectif à moyen terme est l’entrée en Bourse attendue pour fin 2006 ou début 2007. D’ici là, Neuf Cegetel devrait s’être appuyé sur le réseau de SFR pour lancer son offre de téléphonie mobile, dernier service qui permettra de couvrir de manière exhaustive les besoins en matière de communication des usagers tant grand public que professionnels.


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