Nicolas Dufourcq et Xavier Niel inaugurent BIG : “Tout s’accélère” alors “Pensez global”

EntrepriseGouvernanceRégulationsStart-up
nicolas-dufourcq-xavier-niel-session-BIG

Session d’ouverture BIG : Nicolas Dufourcq, Président de Bpifrance, accueille Xavier Niel (Iliad-Free). L’Etat stratège et l’audace entrepreunariale côte à côte.

Bienvenue aux “cracheurs de niaque”. C’est ainsi que Nicolas Dufourcq, Président de Bpifrance, a accueilli les entrepreneurs pour la session inaugurale de BIG (Bpifrance Inno Génération).

La première édition, qui se tient sur deux jours (10 – 11 juin) à la Cité de la Mode et du Design à Paris, réunit les start-uppers, les industriels et les investisseurs.

nicolas-dufourcq-smallObjectif : “accélérer”.

“Car la vitesse est fondamentale. Tout s’accélère. La temporalité a changé”, martèle Nicolas Dufourcq.

La banque publique d’investissement affiche son intention de se montrer “au coeur de la troisième révolution industrielle : celle de la donnée”.

Très vite, Nicolas Dufourcq cède la parole à l’invité d’honneur : Xavier Niel.

Les deux protagonistes se connaissent pour s’être lancé tous les deux sur Internet en 1994.

Mais les enjeux étaient différents. Xavier Niel lançait à l’époque son activité de fournisseur d’accès Internet qui va se transformer progressivement en société Iliad et en marque phare Free.

A l’époque, c’est la rivalité qui animait les deux hommes (ce qui n’empêche pas un certain respect).

Car Nicolas Dufourcq prenait progressivement en main l’activité FAI du groupe France Telecom sous la bannière Wanadoo.

L’intervention de Xavier Niel est dans un autre registre : petit guide de survie pour démarrer une start-up. Un registre qu’il cerne bien au regard de son expérience.

L’entrepreneur audacieux qui a secoué les télécoms, qui occupe les fonctions de Vice-Président à la Stratégie du groupe Iliad-Free, dispose aussi d’une casquette d’investisseur à travers son fonds Kima Ventures.

Il va inaugurer d’ici fin 2016 un méga-incubateur à la Halle Freyssinet de Paris pour favoriser l’esprit “start-up nation” que le gouvernement cherche à insuffler.

xavier-niel-smallXavier Niel recommande aux start-uppers d’éviter certains écueils.

“Innover et disrupter dans les secteurs que vous connaissez à fond, arrêter de tenter de copier ce qui existe.”

Secundo, “Essayer de globaliser d’emblée les produits, ne raisonnez pas local.”

Enfin, il faut “oser” car les entrepreneurs vont devenir “les aventuriers du XXIème siècle”.

L’échec n’est plus un obstacle, considère Xavier Niel dans son allocution. Le trublion français des télécoms prend l’exemple de Slack.

D’abord positionnée dans les jeux vidéo, la start-up américaine rate le coche. Elle pivote en s’appuyant au final sur un outil de communication instantanée pour les entreprises.

Au départ, il s’agissait juste d’un outil développé pour leur propre besoin mais qui s’est révélé être un bon produit à commercialiser.

Pour alimenter la flamme French Tech, il suffit juste d’écouter Xavier Niel.

“Vous pouvez toujours trouver du financement en France. Sauf si votre projet n’est vraiment pas bon.”

“Vous êtes dans le pays idéal pour créer et développer votre société”, poursuit-il. “Le succès ne repose que sur vous et la qualité de votre produit.”

La Silicon Valley vue par Xavier Niel ? Un terrain miné. “C’est la vraie compétition. Il n’existe pas d’aide publique sur place. Les developpeurs coûtent deux à trois fois plus chers aux USA et ils n’hésiteront pas à partir chez votre concurrent en 24 heures.”

Son appel fait bondir plus d’un entrepreneur irrité par la présumée jungle fiscale et administrative en France mais Xavier Niel signe et persiste : “La France est l’endroit le plus fantastique pour créer sa société.”

Le discours est désormais bien rôdé et l’influent Xavier Niel sait que tous les entrepreneurs boivent ses paroles à chaque apparition.

 


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur