Nouveau Vélib’ : les implications technologiques sous l’ère Smoove

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Réservation, restitution, sécurité, assistance électrique… Que suppose, en termes technologiques, la reprise des Vélib’ par la PME Smoove ?

À quoi les Parisiens doivent-ils s’attendre dans le cadre du renouvellement du contrat d’exploitation des Vélib’ ?

Le groupement Smoovengo, qui a remporté l’appel d’offres pour les quinze ans à venir face au concessionnaire sortant JCDecaux, a détaillé, cette semaine, sa feuille de route à l’horizon 2018.

La transition présente, entre autres, des enjeux sociaux et environnementaux. Mais elle a aussi des implications d’ordre technologique.

Mandataire du consortium Smoovengo et fournisseur du service, la PME héraultaise Smoove mise effectivement sur des vélos « connectés ».

Chacun d’entre eux est doté d’un boîtier qui communique en radio Zigbee avec les stations, elles-mêmes reliées au serveur central par GPRS.

Placée dans la potence, cette « Smoove Box » est autonomes en énergie, car rechargée par dynamo. Elle embarque un écran, un lecteur de cartes sans contact pour les abonnés et un clavier pour les utilisateurs occasionnels. Pour ces derniers, la procédure de réservation d’un Vélib’ pourra se faire intégralement en ligne, par le site Internet ou l’app mobile.

Projet juteux

Ça bouge aussi au niveau de la restitution des vélos, avec la technologie « Overflow ». Testée en conditions réelles à Helsinki, elle permet de doubler la capacité d’accueil des stations en garant un vélo entre deux autres.

En toile de fond, une problématique que l’inspection générale de la Mairie de Paris avait mise en avant dans un rapport d’audit rendu en février 2016 : le critère des places disponibles en station pour déposer un vélo ne recueillait que 56 % d’avis satisfaits.

Concernant le mobilier, il sera intégralement remplacé, initialement à hauteur de 1 050 stations, soit un peu plus de la moitié du parc actuel. Livrés sur palette, les éléments se fixent au sol par chevillage et fonctionnent pour la plupart sans câblage grâce à des panneaux solaires assortis d’un système de tags RFID pour identifier chacun des plots (appelés « diapasons »).

Au micro de BFM Business, Laurent Mercat laisse entendre que le contrat fera probablement l’objet d’une extension, dans un premier temps à 1 500 stations.

Affirmant qu’il s’agit là du « plus gros projet au monde de vélos en libre service hors Chine », le président-fondateur de Smoove prévoit un décuplement de chiffre d’affaires. Sachant que le revenu annoncé pour l’année 2016 est de 9 millions d’euros, avec une présence dans une douzaine de villes de France (Montpellier, Avignon, Valence, Saint-Étienne, Grenoble, Strasbourg, Lorient, Belfort, Chalon-sur-Saône, Clermont-Ferrand…) et plusieurs métropoles étrangères dont Moscou.

Engagements sociaux

Laurent Mercat s’attache aussi à dissiper les craintes que JCDecaux avait exprimées sur le volet social, à l’heure de déposer un recours en référé, rejeté le 4 mai dernier par le tribunal administratif de Paris.

Le groupe industriel spécialiste de l’affichage publicitaire – qui a indiqué son intention de porter l’affaire au Conseil d’État – a soutenu que Smoovengo privilégierait, à la reprise de l’ensemble des salariés de Cyclocity (filiale de JCDecaux gestionnaire de Vélib’), de « nouvelles équipes inexpérimentées, moins nombreuses et à des conditions sociales et salariales dégradées ». Les élus communistes avaient renchéri, redoutant le risque d’un « dumping social ».

Du côté de Smoove, on assure avoir « pris l’engagement de proposer en priorité aux salariés de l’actuel exploitant, que ce dernier ne voudrait pas garder pour ses autres activités, de rejoindre le nouvel exploitant ». Non sans souligner les « capacités » démontrées, en matière de reprise de personnel, par les trois autres membres de Smoovengo : Indigo, Mobivia et Moventia.

Le premier, anciennement nommé Vinci Park, est spécialiste du stationnement et de la mobilité individuelle. Le second, connu au travers de marques comme Midas et Norauto, est coactionnaire de Smoove. Le troisième est une entreprise catalane de transport public.

Le défi du vandalisme

Une première présentation officielle du nouveau Vélib’ est prévue pour cet été. S’ensuivra, sur la période octobre-décembre, les travaux de génie public, confié à des entreprises du BTP. Objectif : avoir 50 % des stations en service au 1er janvier 2018 – date de démarrage officiel du contrat de concession – et le reste d’ici au 31 mars.

Conformément au cahier des charges de l’appel d’offres, 30 % du parc sera constitué de vélos à assistance électrique ; soit 7 000 à 8 000 unités. Leur autonomie est annoncée à 50 km, pour une durée de charge de 6 h en station et une vitesse maximale de 25 km/h.

Reste la question des prix. Seule chose acquise : la première demi-heure restera gratuite avec les vélos mécaniques et le principe des « stations bonus » sera maintenu. Pour le reste, le syndicat mixte d’exploitation, composé de Paris et d’une centaine de communes environnantes susceptibles d’accueillir le nouveau Vélib’, doit fixer une grille tarifaire à l’automne.

Un peu plus légers que les modèles actuels (20 kg contre 22 kg), les vélos de Smoove sont également dits plus sécurisés. Smoove, qui s’est vu transférer le risque vol/vandalisme par la collectivité, estime, d’après La Tribune, pouvoir afficher un taux de 15 % par an, à comparer aux 44 % que Challenges annonçait pour JCDecaux sur l’année 2014.


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