Nouvo.com : ‘La télé sur le Web sera payante’

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Cofondateur de Nouvo.com, Eric Clin dirige une télé Web consacrée exclusivement au divertissement à travers des émissions produites en interne pour la plupart. Une cinquantaine de personnes (dont 22 animateurs) réalisent entre 20 et 30 émissions hebdomadaires. Créée en septembre 1999, cette télévision d’un nouveau genre diffuse depuis mai 2000.

VNUnet : Pouvez-vous nous présenter Nouvo.com en quelques mots ?

Eric Clin : Nous avons voulu proposer un espace de programmes à la demande, présenté avec un ton décalé et libre que ne permettent plus les télévisions nationales. C’est l’avantage et l’intérêt du Net, un espace de liberté de création avec une audience importante. Nous nous distinguons cependant des émissions de niche en proposant des programmes de divertissement de qualité. Nous produisons ou coproduisons une vingtaine d’émissions chaque semaine. Ce sont des sitcoms, des reportages, des fictions… Nous achetons aussi des programmes auprès de producteurs, comme la série KitchenDales d’Alain Chabat et Chantal Lauby, ou d’anciennes séries télévisées comme actuellement Calimero.

Quel est votre modèle économique ?Aujourd’hui Nouvo.com est gratuit et nous vivons grâce aux investisseurs. Mais à terme, sa consultation deviendra payante. Cela se fera sous forme d’abonnement (environ 50 francs par mois) et en partenariat avec des opérateurs qui nous reverseront une commission sur les connexions que nous générerons à partir de leur plate-forme d’accès. Pour vivre, il nous faut forcément dégager un revenu. Je crois plus à cette formule payante qu’à un revenu issu de la publicité. D’abord, quand on sait que 80 % des budgets publicitaires sont concentrés sur quelques gros sites, cela n’offre pas une perspective réaliste économiquement. Ensuite, nous ne souhaitons pas inonder nos spectateurs de publicité. Les Français sont habitués à payer leur contenu à travers la presse, notamment, et les chaînes de télévision payantes. Je suis convaincu que le virage du paiement sera facile à faire accepter à partir du moment où nous offrons un contenu de qualité. Il faudra bien que les gens comprennent que tout ne peut pas être gratuit sur le Net.

Quel est votre budget de fonctionnement, combien vous faudra-t-il d’abonnés pour continuer à exister et quand pensez-vous franchir le pas du paiement ?Pour la première année, notre budget a été de 15 millions de francs. Il nous faudra entre 5 000 et 10 000 abonnés. Nous passerons probablement en mode payant d’ici un an. Ce qui nous laisse le temps de fidéliser notre public et de transformer l’essai. Actuellement, nous enregistrons 600 000 pages vues mensuellement et 35 000 visiteurs uniques. Trois mille d’entre eux sont abonnés à notre newsletter.

Pensez-vous qu’aujourd’hui les conditions techniques sont réunies pour permettre la diffusion de vidéo en ligne ?J’en suis convaincu. L’accès haut débit se répand vite en France à travers l’ADSL et le câble. Certaines études prévoient près de 500 000 connectés fin 2001. Et nous le voyons avec nos statistiques. Les utilisateurs restent 35 minutes en moyenne. Ce qui nous a amenés à proposer des programmes un peu plus longs que les formats courts de 2 à 3 minutes programmés au lancement du site. Nous avons d’ailleurs pris le parti d’encoder nos vidéos pour le haut débit afin d’offrir une qualité de diffusion acceptable… quitte à nous couper des internautes équipés de modem uniquement. La qualité est à ce prix.

Nouvo.com va se lancer dans la diffusion de films ?Effectivement, nous lancerons très prochainement un service de diffusion de films cinéma. Ce ne seront pas des superproductions mais plutôt des films décalés et qui n’ont généralement pas eu l’occasion ou le temps de trouver leur public en salle. Plusieurs films seront diffusés mais nous proposerons, chaque semaine, une véritable actualité cinématographique.

Pour en savoir plus :

Le site Nouvo.com


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