Numericable : qui refinance ses dettes s’embellit ?

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A l’échéance 2014, le câblo-opérateur Numericable devait faire face à d’importants remboursements de dettes contractées. Le groupe prépare un “refinancement”.

Numericable est très fortement endetté, et va devoir refinancer sa dette.

Une charge qui pèse sur le câblo-opérateur hérité des montages juridico-financiers en leverage buy-out (LBO) réalisés en 2006.

Cette technique permet aux repreneurs de racheter une société en dépensant un minimum d’argent.

Ils ont permis à Ypso holding (regroupant les fonds d’investissements Carlyle Group et Cinven et le câblo-opérateur Altice) de racheter UPC-Noos et NC Numericable dans la période 2005-2006.

Objectif : fusionner les ensembles et créer le nouveau Numéricable.

L’amélioration des performances opérationnelles et financières, et la vente des activités belges et luxembourgeoises, finalisée en juin dernier, ont permis un déleveraging [NDA : désendettement] significatif“, explique Numericable dans un communiqué.

Des efforts qui auraient déjà permis de ramener la dette de 3,3 milliards d’euros en 2006 à 2,35 milliards cette année.

Mais en 2014, l’entreprise devra faire face à une échéance de remboursements importante.

Pour éviter d’être prise de court, la direction de Numericable a annoncé samedi qu’elle préparait “le refinancement de sa dette”.

Ce qui se fera partiellement en recourant à une émission d’obligations.

En complément, une possible extension de la maturité de la dette senior actuelle (en lien avec le montage LBO) pourra être négociée avec les créanciers. Elle serait assortie de changements non précisés aux conditions du contrat.

Un resserrement du covenant bancaire* est en particulier en discussion, compte tenu de l’amélioration de la santé financière de Numericable.

L’émission d’obligations lui permettra aussi d’obtenir la note B auprès de Standard & Poor’s, techniquement dans la catégorie “hautement spéculatif”.

C’est la première note attribuée par l’agence de notation au câblo-opérateur, précise Reuters, qui croit aussi savoir que l’ensemble de la dette de Numericable sera refinancée.

Selon Les Echos, les actionnaires actuels de Numericable – Carlyle Group, Cinven et Altice – exploreraient des pistes pour sortir du capital.

Un projet d’extraction qui sera facilité si le profil financier de Numericable s’embellit.

*Un covenant bancaire est une clause contractuelle ajoutée à un LBO, qui permet aux banques prêteuses d’exiger un remboursement anticipé de la dette si la situation financière de l’entreprise se détériore.


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