Numéros surtaxés : les renseignements téléphoniques craignent de perdre des clients

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Annoncer le coût de la communication à chaque appel vers les renseignements téléphoniques pourrait porter préjudice à ce marché, selon le 118 218.

L’initiative de secrétaire d’Etat en charge de l’Industrie et de la Consommation ne fait pas que des heureux. Dans son objectif de réformer les prix d’appels vers des numéros surtaxés, encore trop opaques aux yeux des Français, Luc Chatel prévoit de s’attaquer d’abord à la réforme des renseignements téléphoniques, dont les numéros débutent par “118”.

Le secrétaire d’Etat a d’ores et déjà annoncé qu’un arrêté dans ce sens sera pris “avant l’été”. Celui-ci obligerait notamment les renseignements téléphoniques à annoncer le tarif de la communication (surtaxée) au début de l’appel du client. Selon Luc Chatel, aujourd’hui, “le consommateur est complètement perdu”.

Mais les “118” ne voient pas du tout cette réforme d’un bon oeil et pousse un cri d’alarme. Bruno Massiet du Biest, directeur général du 118 218 (Le Numéro) affirme que cette nouvelle réglementation “serait la mort” pour les renseignements téléphoniques. Selon lui, les pays ayant adopté cette mesure, comme l’Italie et l’Autriche, ont vu les appels aux renseignements téléphoniques baisser de 25 à 30% en moyenne.

Une annonce trop longue qui pourrait décourager le consommateur ?

La principale raison selon lui ? La longueur du message d’annonce, qui pourrait décourager le consommateur : “Les gens veulent des services rapides et efficaces et, comme les tarifs sont compliqués et changent d’un opérateur à l’autre, l’annonce prendrait au moins 15 secondes, sur un appel qui dure en moyenne 50 secondes”, rapporte l’AFP. Luc Chatel, de son côté, a affirmé, à l’antenne de RMC, que ce message ne durerait pas plus de dix secondes.

Dans le camp opposé, Edouard Barreiro, chargé de mission “nouvelles technologies” pour l’association UFC-Que Choisir, se montre plus virulent : “Ce qui fait vraiment peur [aux 118], c’est que les consommateurs se rendent compte que leurs prix ont explosé ces derniers temps”, argumente-t-il.

Un marché déjà à la peine et encore opaque

Ouvert à la concurrence depuis 2005, le marché des renseignements téléphoniques voit d’année en année son activité reculer. Au dernier trimestre 2008, ils ont reçu 29 millions d’appels, soit 3,8 millions de moins qu’un an plus tôt, pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 40 millions d’euros, en baisse de 2,6%.

Selon Luc Chatel, il existe à ce jour “88 tarifs différents dans les renseignements téléphoniques”. Ceux-ci varient notamment en fonction du service proposé et du terminal à partir duquel le client appelle : téléphone fixe, mobile ou box Internet.


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