Onduline : le cloud au coeur de la transformation numérique

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Microsoft Convergence : Quelle place pour le cloud dans la transformation numérique du groupe Onduline (toiture légère) ? Le point avec le DSI Gwendal Meledo.

mis à jour le 10 décembre 2015 à 21 h 15 avec plusieurs précisions du DSI d’Onduline

Plutôt que de chercher à monter un service d’exploitation informatique, utiliser la technologie pour accompagner les changements impulsés par la direction et le business : c’est sous cet angle qu’Onduline a envisagé sa transformation numérique.

Son DSI Gwendal Meledo est venu témoigner lors de la récente session Microsoft Convergence à Barcelone.

Le spécialiste de la couverture et du bardage – également positionné sur les métiers de l’étanchéité et de l’aménagement intérieur/extérieur – a abordé la question avec un objectif : harmoniser ses processus en interne tout en rendant plus fluide la collaboration entre ses 1600 employés (10 usines et 43 filiales réparties sur 5 continents).

Pour parvenir à ces fins, le groupe, fondé en France il y a plus d’un demi-siècle, a décidé en 2013 de basculer son ERP Microsoft Dynamics NAV dans le cloud à commencer par la zone Europe.

« J’ai eu en face de moi des interlocuteurs qui ont eu le courage d’avancer […], parce que c’est aussi une question d’état d’esprit », affirme Gwendal Meledo.

Arrivé dans ses fonctions en septembre 2011, le DSI d’Onduline avait d’abord piloté l’adoption d’Office 365, essentiellement pour la messagerie électronique. Dès lors, « le boulevard était ouvert avec les offres SaaS et IaaS » pour des projets d’organisation à travers l’Europe.

La grande traversée

La migration de Dynamics NAV 2013 vers le cloud avait véritablement été amorcée avec la disponibilité du client R2, lequel apportait d’importantes avancées dans l’interopérabilité avec Office 365 et Azure, « même s’il existait déjà le client Web ».

Les premières antennes concernées furent celles des pays de l’Est. Le siège français, par lequel transitent l’ensemble des échanges entre usines et filiales, est lui aussi passé au régime Azure, notamment pour la partie supply chain. L’Allemagne suivra début 2016.

Dans l’absolu, le cloud permettrait un déploiement plus rapide. Mais chaque filiale a ses besoins, ses cas particuliers… et ses effectifs, plus ou moins réceptifs au numérique.

« Le personnel est ouvert par nature, dès lors que cela lui procure une valeur ajoutée », tempère Gwendal Meledo. Pour lui, il est plus délicat d’incorporer, dans la culture d’entreprise, les changements linguistiques, « comme lorsque Nortel avait repris la main sur Matra Communication ».

La question se pose chez Onduline, qui compte 43 nationalités dans son effectif. Mais la réflexion globale se concentre plutôt sur l’adéquation entre les innovations et les besoins des métiers. « À un moment, il faut choisir des batailles qu’on va accompagner et sur lesquelles on va pouvoir mettre les moyens nécessaires », résume Gwendal Meledo.

La méthodologie de projet passe par des scénarios de tests intégrés, à travers des scripts de déploiement préconçus.

Le métier est le même d’une filiale à l’autre, mais le DSI d’Onduline pousse les utilisateurs finaux à « ne pas rester simplement dans l’attente d’une formation ».

L’objectif est, en l’occurrence, de « partir dans une démarche où l’on se confronte au système à travers des cas particuliers inscrits dans les règles de gestion, dans les processus ». Des problématiques « bien plus formatrices ».

Intégrateurs au rapport

Quels avantages à choisir le cloud ? Il permet, entre autres, de réaliser des ajustements techniques « dans des délais beaucoup plus raisonnables qu’ils ne l’étaient avant […] : avec l’expérience, nous sommes aujourd’hui capables de déployer sur Azure en l’espace de quelques minutes ».

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Onduline : le défi de la transformation numérique dans le bâtiment (image extraite d’une brochure commerciale)

Onduline a fait preuve d’une certaine précocité en la matière sur le segment des ETI ; non sans toutefois s’interroger sur les enjeux d’une telle transition.

« Au départ, je me disais qu’on ne basculerait peut-être pas juste pour les ventes et la distribution », reconnaît Gwendal Meledo.

Il poursuit : « Si je n’aurais pas imaginé déployer un site de production sur le cloud auparavant, c’est quelque chose que j’envisage aujourd’hui. Nous avons par exemple un projet de déploiement sur l’usine polonaise fin 2016 pur lequel nous pensons bâtir une infrastructure hybride avec un serveur de fichiers en local pour la supervision industrielle… et le reste dans le cloud, aussi longtemps qu’on peut avoir des contrats de services télécoms qui soient raisonnables ».

Pour la partie Dynamics NAV, Onduline s’appuie sur Absys Cyborg, société spécialisée dans l’intégration des solutions de gestion sur le marché des PME/ETI.

Sur le volet Office 365 et Azure, le fournisseur de toitures légères travaille avec l’entreprise Génie Micro, localisée dans le Val-de-Marne. « Je n’ai pas d’exploitation chez moi. Juste un partenaire qui intervient de temps en temps et qui gère tout à distance », conclut Gwendal Meledo.

Comment s’est effectué le choix de ces partenaires ? L’explication du DSI : « En lançant le projet France, j’ai fait comprendre à l’ensemble des intégrateurs consultés que ma société était peu informatisée : le personnel est familier de nos solutions, mais rien n’est formalisé. Je savais ce que je voulais : j’ai attendu le partenaire qui n’allait pas simplement être bon dans la reformulation, mais qui saurait rechercher des solutions ; pas des responsabilités ».

Valeur ajoutée

Le cloud a aussi permis de développer l’activité tout en stabilisant le budget IT par utilisateur.

« Je n’ai plus besoin d’anticiper l’allocation de ressources et donc les dépenses : elles sont adaptées aux besoins de l’entreprise », déclare Gwendal Meledo… qui admet que ce fonctionnement « correspond à son profil ».

Il précise sa pensée : « Je ne souhaite pas entrer dans une organisation avec de l’exploitation informatique à outrance et des collaborateurs qui, dès le matin, passent leur temps à résoudre les problématiques de la veille. »

Plutôt que de maintenir un existant technique, il préfère y « apporter de la valeur ajoutée ». Une agilité dont ne disposent pas forcément les plus grandes entreprises : « Quand on a un parc et un historique, on ne change pas du jour au lendemain. Faire évoluer ne serait-ce qu’un parc bureautique, c’est parfois la croix et la bannière, surtout avec les problèmes de compatibilité des applications ».

Ces entreprises exploitent souvent des infrastructures vieillissantes avec des niveaux de sécurité aléatoires. « Avec Azure, je peux produire de l’authentification forte en quelques secondes, se réjouit notre interlocuteur. Imaginez s’il fallait que je mette en place une infrastructure en interne… ».

Outre la sécurité, la première question posée par les dirigeants à propos du cloud concerne la disponibilité. Une notion aujourd’hui étroitement associée à la mobilité des salariés.

« C’est l’avantage d’Office 365, accessible sur tous types de support, avec une facilité de déploiement : le paramétrage du pushmail par exemple ne nécessite plus aujourd’hui de déploiement technique ; les utilisateurs savent le faire eux-mêmes sur leurs téléphones », assure Gwendal Meledo.

Une culture d’entreprise

Le DSI n’est pas tout à fait seul. Il est accompagné, dans sa tâche, par quelques IT managers locaux, dont certains contribuent à des opérations transversales, comme celui localisé en France.

Mais c’est bien à la direction générale que revient la validation des projets cloud. Et beaucoup refusent encore que leurs données soient localisées ailleurs que chez eux. À tort ou à raison.

Pour Gwendal Meledo, il faut relativiser : « Si je travaille dans les hautes technologies, je comprends qu’il y ait un risque certain. Mais dans d’autres industries, j’aurai plus de sécurité dans le cloud que sur mes propres infrastructures, eu égard à mes capacités d’investissement et de maintenance ».

Une fois la décision de changement prise, comment en arrive-t-on au résultat ? Plutôt que de partir d’une page blanche en demandant aux équipes de fixer leurs besoins, Onduline sollicite ses partenaires pour du prototypage.

« On construit le modèle ensemble, à travers des exemples qui parlent aux gens, qui sont matérialisés à travers une commande, des prix, des ordres de fabrication, des nomenclatures de production », affirme Gwendal Meledo. Et d’ajouter : « On ne part pas sur ce côté intellectuel de faire un modèle de données ou d’expliquer toutes les règles de gestion ».

Une fois le pilote satisfaisant (80 % de taux d’adéquation entre la mise en place et les objectifs), le projet est lancé. Toujours dans une logique de collaboration, Onduline a un projet en cours sur l’automatisation des commandes entre les différents sites, l’unification du référentiel des articles ou encore l’harmonisation des unités de mesure pour simplifier les échanges.

L’objectif à terme ? Mettre à profit l’ensemble de l’écosystème Microsoft. Onduline attend notamment davantage de synergies entre Skype for Business et les différentes solutions de la firme.

« Nous nous intéressons de près aux nouvelles offres VoIP dans Office 365 », confie le DSI. « Profitant d’une intégration plus forte des solutions, je vois de plus en plus Microsoft comme un panel et un catalogue d’offres dans lequel nous piochons ce qui correspond à nos besoins ».

Crédit photo : dencg – Shutterstock.com


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