OPA sur Peoplesoft : Oracle en position délicate

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Le procès qui déterminera l’issue de l’OPA d’Oracle sur Peoplesoft aura lieu le 7 juin. Au fil des jours, le DoJ renforce ses arguments face à un Oracle qui voit sa position s’affaiblir.

Un juge fédéral a sommé Oracle de fournir au ministère américain de la Justice (Department of Justice ou DoJ) des informations au sujet de rabais que l’éditeur aurait récemment consentis sur ses applications de gestion pour gagner des contrats face à ses principaux concurrents, SAP et Peoplesoft. C’est un argument de poids pour le DoJ dans le procès antitrust qui va l’opposer le 7 juin à Oracle, et dont l’enjeu est d’autoriser ou de bloquer l’offre publique d’achat (OPA) de 9,4 milliards de dollars lancée par Oracle sur son concurrent Peoplesoft. En effet, le DoJ s’oppose à cette opération au motif que le nombre des offreurs présents sur le marché des applications de gestion serait alors réduit à deux ; il en résulterait pour les clients moins de choix, moins d’innovation et des prix plus élevés (voir édition du 27 février 2004). Et le fait qu’Oracle baisse les prix de ses produits pour les imposer face à ceux de SAP et de Peoplesoft est une confirmation de l’analyse du DoJ.

SAP prêt à défendre l’OPA

Autre problème pour Oracle : Microsoft ne viendra pas à son secours. En effet, l’axe majeur de défense d’Oracle est d’affirmer qu’une fois Peoplesoft absorbé, la concurrence existera bel et bien sur le marché des applications de gestion destinées aux grands comptes, notamment grâce à l’arrivée d’un nouvel éditeur, Microsoft (voir édition du 2 mars 2004). Or, selon les informations recueillies par Reuters, ce dernier s’est engagé sous serment auprès du DoJ à ne pas se lancer sur ce marché dans les deux ans à venir. En revanche, SAP est prêt à défendre l’OPA (voir édition du 4 mars 2004), ce qui n’étonnera personne dans la mesure où l’éditeur a tout intérêt à voir disparaître un concurrent. En attendant, Peoplesoft pâtit de l’actuel climat d’incertitude le concernant. Hors croissance externe, l’éditeur a ainsi vu ses ventes de licences baisser de plus de 20 % en 2003 par rapport à l’année précédente, à 114,9 millions de dollars. Une baisse bien supérieure à celle enregistrée par ses principaux rivaux SAP (- 6 %) et Oracle (- 14 %).


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