Open Computer Vision : Intel s’intéresse à la biométrie

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Depuis deux ans environ, Intel développe des outils numériques d’identification biométrique. Sa suite OpenCV arrive aujourd’hui en version 2.1. Une suite visiblement destinée aux ordinateurs de demain, ceux qui auront assez de puissance pour faire tourner des applications complexes de calculs géométriques en 3D en temps réel. Autrement dit, les futurs processeurs Intel.

Reconnaissance faciale ou vocale, identification d’empreintes, numérisation de l’iris, analyse comportementale… Les technologies d’identification n’ont pas attendu les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis pour émerger. Mais depuis cette date, le marché semble exploser. Notamment dans les aéroports où se font sentir les besoins d’identification et d’authentification, pour des raisons évidentes de sécurité. Et Intel compte bien surfer sur la vague, du moins dans le domaine de la recherche et du développement. Le fondeur de Santa Clara vient d’annoncer une nouvelle version, la 2.1, de son module baptisé Computer Vision. Il s’agit d’une suite logicielle dédiée aux technologies numériques de reconnaissance, qui plus est en Open source, destinée aux “simples” ordinateurs de bureau.

L’OpenCV 2.1 offre un panel d’outils. Parmi les nouveautés depuis la version précédente, le contrôle automatique de la caméra pour la reconnaissance faciale. En fait, Intel défend son logiciel comme le moyen, pour l’ordinateur, de “regarder” avec une vision humaine, c’est-à-dire en trois dimensions avec des fonctions de tracking (capacité à “suivre” un sujet en mouvement dans le cadre d’un traveling). Des calculs poussés à partir d’algorithmes géométriques sont au coeur de l’application.

De gros progrès à faire

Des fonctions qui réclament une puissance de calcul que les processeurs actuels ont du mal à fournir pour peu que les besoins en reconnaissance soient un peu élevés. Le père du Pentium ne s’y trompe pas et tend à réserver ses applications aux ordinateurs de demain. Ceux qui tourneront avec des processeurs à 10 voire 20 GHz, puissance qu’Intel espère atteindre avant la fin de la décennie (voir édition du 9 mars 2001) ? Probablement. Ce n’est en tout cas pas sur la commercialisation de ses logiciels en Open source que le fondeur de Santa Clara compte générer du chiffre d’affaires. Car les applications développées sont évidemment optimisées pour l’architecture NetBurst du Pentium 4. Intel ne s’en cache d’ailleurs pas. “Si les responsables ont bien conscience que la reconnaissance faciale a encore de gros progrès à faire avant d’être fiable dans les aéroports, l’arrivée de nouveaux processeurs, la baisse des tarifs des caméras et d’autres technologies permettront de traiter mieux et plus vite les algorithmes temps réels du Computer Vision”, explique le fondeur, cité par Silicon Strategies.

Bref, pour vendre du processeur, il faut d’abord créer les applications qui en ont besoin. Pour Intel, le marché émergent de la sécurité est à lui seul un encouragement à la course aux gigahertz.


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