Open Source, Java et Developer Tools : les armes d’Apple ?

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Grosse surprise des observateurs du secteur de l’informatique : certaines sociétés ne trouvent plus grâce aux yeux de leurs clients en raison des contraintes qu’ils leur imposent. Microsoft en serait le meilleur exemple. Une alternative : se dégager d’un modèle propriétaire pour intégrer un modèle ouvert. La voie suivie par Apple ?

Année après année, certaines sociétés ont forcé leur clientèle à rester dans le camp retranché des technologies maison, faisant fi des innovations de la concurrence. Une voie suivie par Microsoft selon Richard Windsor, analyste chez Nomura, une société d’affaires financières, interrogé par nos confrères de Scotsman.com. Microsoft perdrait ainsi du terrain par rapport à ses compétiteurs et son destin pourrait être scellé. “A court terme, Microsoft aura des difficultés à maintenir le prix actuel de ses actions”, souligne la revue. Du coup, la politique de l’éditeur consistant à proposer des prix élevés, alors que ses concurrents proposent des prix bas, s’avère risquée. De même, l’utilisation de l’Open source sur des systèmes non propriétaires est en train de fragiliser la place du géant. Pour plusieurs raisons : outre le prix, la possibilité d’accéder au code source se révèle être un atout de premier choix pour certains clients comme les administrations (à l’instar de celles de la Chine et de l’Allemagne). Dans le même temps, des logiciels concurrents d’Office recommencent à devenir de véritables alternatives, tels StarOffice sur PC mais aussi Mariner Calc et Mariner Write sur Mac. Prix élevés, concurrence exacerbée et accès restreint aux éléments structurels de ses produits, voilà sans doute le cocktail explosif qui pourrait amener Microsoft à se prendre les pieds dans le tapis.

La relative ouverture d’Apple

Mais quid d’Apple ? En fait, la firme a changé son fusil d’épaule depuis bien longtemps : accusée jusqu’à la fin des années 90 de fournir des produits trop propriétaires, Cupertino s’est évertuée, mais sans se précipiter, à modifier son mode de fonctionnement. Ainsi, la base du système d’exploitation, fondée sur Mach et Darwin, peut être observée et modifiée à volonté, même si les développement les plus récents ont été voilés aux yeux du public en raison d’ajouts “stratégiques” liés à la prochaine génération du système d’exploitation de la firme, Panther. Idem pour Safari, le “turbo-navigateur” de l’entreprise, qui se base lui aussi sur un travail en Open source. Sans parler de l’application de présentation Keynote dont le format des fichiers est complètement transparent. Bref, mis à part les technologies critiques et l’interface Aqua, beaucoup de choses sont “ouvertes” ou accessibles chez Apple.

L’entreprise s’avère également l’une des premières à soutenir Java (voir édition du 28 mars 2002). Cette technologie promue par Sun Microsystems et intégrée dans le système d’exploitation d’Apple est souvent mise en avant par les développeurs qui ont acquis un Mac pour faciliter leur travail. Apple fait partie des sponsors les plus importants de la conférence JavaOne, qui doit se tenir du 10 au 12 juin à San Francisco. L’intérêt de la firme pour cette technologie s’est à nouveau manifesté ce week-end avec l’amélioration de Java pour la base de données Oracle 11i. Open source et Java sont sans doute les bases sur lesquelles Apple s’appuie pour améliorer sa présence sur des marchés qu’elle ne pouvait pas aborder auparavant, dont Unix.

De nouveaux Developper Tools

Mais une dernière technologie, celle-là maîtrisée par Apple, lui permet de continuer de contrôler sa plate-forme en fournissant les outils de développement les plus rapides du marché : les Developer Tools peuvent être considérés comme la boîte à outils permettant aux éditeurs tiers désirant commercialiser rapidement des logiciels sur le marché de les développer en un rien de temps. Les outils de développements auraient, selon la rumeur, été mis à jour pour permettre de concevoir des logiciels s’appuyant sur les prochaines machines et le futur système de la firme. Les développeurs devraient en disposer en même temps que Panther, alias Mac OS X 10.3 à l’occasion de la WWDC (voir édition du 27 février 2003). Une part de son OS ouvert ou standardisé et des outils mis à niveau pour que les sociétés tierces puissent tirer profit rapidement de ses innovations, voilà sans doute le cocktail détonant qui permet à Apple de ne pas enfermer ses utilisateurs dans ses seules technologies. Mais cela sera-t-il suffisant pour lui éviter le sort prévu par l’analyste de Nomura ?


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