Opération ‘Un portable, Un euro’ : c’est parti

Mobilité

Le gouvernement veut faciliter l’acquisition d’un équipement informatique pour les étudiants en leur réservant des conditions avantageuses. L’opération s’accompagne d’un renforcement des points d’accès Wi-Fi au sein des universités.

Avec la rentrée universitaire démarre l’opération “micro-portable étudiant” (MIPE) plus connue sous l’annonce “1 portable, 1 euro” ou encore “un portable pour le prix d’un café par jour”.

Cette opération, qui réunit le ministère de l’éducation nationale, des constructeurs et éditeurs informatiques, et des établissements bancaires, vise à faciliter l’accès des étudiants (post-bac uniquement) aux outils informatiques.

L’équipement informatique personnel vise à augmenter le niveau d’informatisation des étudiants, enjeu culturel et économique, et, accessoirement, à désengorger les salles d’informatique des établissements d’enseignement.

Selon les chiffres du ministère de l’Education nationale, si 80 % des étudiants ont accès à des plates-formes informatiques et Internet, ils ne sont que 8 % à posséder un ordinateur portable.

Neuf constructeurs, trente modèles

Concrètement, neuf constructeurs (Asus, Dell, HP, NEC, Sony, FGI/Xbook, IBM, Toshiba et Apple) proposent 30 modèles, équivalents à ceux du commerce ou spécialement configurés pour l’opération, à tarifs préférentiels. Chaque constructeur est libre d’appliquer sa politique tarifaire. Globalement, les tarifs proposés devraient représenter entre 15 et 20 % (et jusqu’à 25 % avec l’offre logicielle) d’économie par rapport aux prix publics pour des machines dont les tarifs varient de 929 euros à 1 900 euros. Sony propose une réduction de 100 euros sur ses deux modèles. Asus va jusqu’à 200 euros d’économies sur quatre modèles.

Pour les constructeurs, l’intérêts de l’opération est simple : investir le marché de futurs usagers professionnels. “C’est un investissement à long terme”, concède Stéphane Lebrun, d’Asus France. Le marché étudiant représente en 2004 plus de 2,3 millions d’individus.

Pour entrer dans la boucle de l’opération, les constructeurs devaient proposer des machines équipées de module Wi-Fi (pas nécessairement du Centrino), d’un graveur de CD, d’un lecteur DVD, d’un connecteur PCMCIA (PC Card), d’un système d’exploitation et d’une suite bureautique, avec un minimum de 3 heures d’autonomie. Ces critères ne sont pas toujours respectés, notamment sur l’autonomie. Le modèle A2DC28-RWS d’Asus n’offre que deux heures d’autonomie tout comme le PCG-K215B de Sony pour lequel il faut d’ailleurs ajouter 1 euro symbolique pour bénéficier d’une plate-forme Wi-Fi.

A noter par ailleurs que si Windows XP, version familiale ou professionnelle, s’impose dans l’offre générale, on trouve chez FGI deux Xbook dotés de Linux et Open Office. Et Mac OS X dans les trois machines Apple. La commande des machines peut s’effectuer à partir du site Web du MIPE qui renvoie vers les boutique en ligne des constructeurs. A ces derniers d’assurer la logistique pour livrer la machine.

Six groupes bancaires jouent le jeu

Tous les étudiants n’auront pas les moyens de payer comptant leur machines. Ils se tourneront donc vers les établissements financiers. Six d’entre eux (Crédit Lyonnais, Crédit Agricole, BNB Paribas, Crédit Mutuel, Société Générale et Caisse d’épargne) ont décidé de jouer le jeu. Ils proposeront des crédits à la consommation à partir de 1 000 euros sur 3 ans autour de 3 % et, surtout, sans frais de dossier.

Selon les crédits souscrits, l’opération revient pour l’étudiant à rembourser entre 29 et 60 euros par mois. Soit 1 à 2 euros par jour. Sources de revenus éventuels, caution parentale, voire type d’études en vue d’un remboursement ultérieur, les critères de d’attribution des crédits sont les mêmes que pour les prêts traditionnels. Il est à craindre que tous les étudiants n’auront pas accès à cette source de financement.

L’accès wi-Fi généralisé dans les universités

A défaut de permettre à tous les étudiants de s’équiper en micro-ordinateur, l’opération a le mérite d’accélérer le déploiement des environnement informatiques des universités. Particulièrement par l’augmentation du nombre de points d’accès Wi-Fi. Ceux-ci doivent passer de 650 actuellement à 2 300 dans les 6 prochains mois.

“Les universités seront ainsi les lieux publics de loin les mieux équipés”, a déclaré François Fillon, ministre de l’Education nationale, à l’occasion de la conférence de presse donnée pour le lancement de l’opération. Ces points de liaison permettront l’accès aux ressources internes des établissements (bureau virtuel, bibliothèque d’application, documentation…) comme la connexion gratuite vers l’Internet mondial.

Pour le ministre, l’objectif est double : équiper d’ici un an l’intégralité des universités françaises en bornes Wi-Fi et doubler le nombre d’étudiants équipés d’un ordinateur portable.


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