Oracle 10g, un cheval de Troie pour le Mac dans les entreprises ?

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La base de données Oracle 10g pour Mac OS X, qui sera présentée dans le courant du mois de juin, pourrait rouvrir la porte des entreprises à Apple.

La base de données Oracle 10g pour Mac OS X sera présentée par Apple et Oracle lors d’un tour du monde qui passera par la Virginie, la Californie, l’Angleterre, la France et le Japon, entre le 8 et le 17 juin prochains. Apple a aussi déjà prévu une session d’information sur la base de données à l’occasion de sa conférence mondiale des développeurs, la WWDC, qui se tiendra du 28 juin au 2 juillet. L’arrivée de la première base de données Oracle pour Mac OS devrait modifier considérablement le rapport des entreprises au Mac. Auparavant, Oracle avait bien porté sa base 9i, mais dans une version destinée aux développeurs. L’arrivée de 10g devrait donner plus de crédibilité à la plate-forme de la firme de Cupertino, d’autant plus que la base de données est disponible sur sept autres systèmes d’exploitation : Linux, Windows, Solaris, AIX5L, HP-UX, HP Tru64 et z/OS.

Selon Oracle, les sociétés n’utilisent en moyenne que 50 % de leur capacité de stockage et moins de 20 % du temps processeur. La base 10g s’appuie donc sur l’opportunité d’utiliser des grilles de calcul pour accroître la productivité des systèmes informatiques (voir édition du 9 septembre 2003). Elle utilise les ressources processeurs d’un réseau d’entreprise et consolide les réserves de stockage. Oracle espère ainsi convaincre ses clients qu’ils n’auront pas à faire de nouveaux investissements en matériel pour adopter ce SGBD, dont les domaines d’application sont vastes : la base peut être utilisée comme grille de stockage, grille de bases de données et entrepôt de données. La société de Larry Ellison fait ainsi nettement la distinction entre capacités de stockage, performances de fonctionnement et applications classiques.

Intérêt pour les entreprises

Si l’arrivée d’Oracle 10g sur Mac OS X semble incongrue, sa présence devrait se faire sentir rapidement. Au point que ce SGBD pourrait servir à Apple de nouveau cheval de Troie dans les entreprises. Premier secteur intéressé, celui de la recherche biologique. Déjà, de grands groupes comme Novartis ont relié plusieurs milliers de PC en grille de calcul. Cette course à l’utilisation des ressources inutilisées s’explique par des considérations techniques. Selon Jake Cheung, le responsable des calculs informatiques de la société Prolexys Pharmaceuticals, l’utilisation du principal logiciel de séquençage du génome humain (BLAST) avec la nouvelle base de données multiplie les possibilités de recherche dans le domaine (voir édition du 15 décembre 2003). Une bonne nouvelle pour Apple : la version de BLAST qui tourne sur Mac OS X est plus véloce sur ses machines professionnelles, grâce à l’utilisation de l’unité de calcul vectoriel intégrée dans les processeurs PowerPC des Xserve et autres Mac. Mais les utilisations de la base Oracle 10g ne devraient pas se limiter au domaine de la bioinformatique : les entreprises seront sans doute également attirées par le coût de stockage du Xserve RAID (3 dollars le gigaoctet contre 9 dollars pour la solution la moins chère côté PC, selon Apple). L’intérêt de disposer d’Oracle 10g semble évident, à l’heure où le volume d’informations augmente (surtout aux Etats-Unis, en raison de contraintes réglementaires) et où les entreprises recherchent la performance au moindre coût. C’est sur ce thème qu’Apple entend bien démontrer que ses solutions méritent d’être évaluées.


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