Oracle s’empare du brevet décrivant les places de marché

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L’éditeur Oracle vient de racheter la société Strategic Processing Corp. Au travers de cette acquisition, l’américain cherche avant tout autre chose à faire main basse sur un brevet que détenait SCP. Déposé dès 1986, le brevet ne vise rien de moins que les places de marché sur Internet dont il définit le concept. S’il ne cache pas son intérêt pour ce brevet enregistré sous le numéro 4 799 156, l’éditeur californien reste très flou quant à ses intentions?

Initialement spécialisé dans les logiciels de gestion de bases de données, Oracle a su se positionner sur diverses applications intégrées et prendre ainsi le virage de l’Internet. Dans cette mutation vers le réseau, l’américain vient de réaliser une acquisition qui risque bien de rendre perplexes un certain nombre de ses concurrents. Oracle vient en effet de se doter d’un brevet englobant le concept des places de marché sur Internet. En fait, Oracle n’a pas eu besoin de déposer un tel brevet puisqu’il existait déjà, et ce depuis 1986. Précurseur, la société américaine Strategic Processing Corp (SPC) avait procédé au dépôt d’un brevet qui semble décrire le concept des places de marché B-to-B. Déjà, à l’époque, le brevet mentionnait leur utilité pour réduire les coûts des entreprises en optimisant les processus d’achats ou de ventes et en établissant des procédés de transaction entre les différentes parties. C’est ce brevet qu’Oracle vient de racheter. Plus précisément, l’américain a dû racheter la société SCP pour s’emparer du fameux brevet.

Oracle ne cache pas qu’il a racheté cette société pour détenir ce brevet. Dès les premières lignes du communiqué de presse officialisant le rachat, Strategic Processing Corp est définie comme la société détenant le brevet intitulé “Interactive Market Management System”. Par ailleurs, pour expliquer ce rachat, Kevin Miller, vice-président de la division e-business chez Oracle, explique que ce brevet d’invention augmente le portefeuille de propriété intellectuelle d’Oracle. Ce n’est donc clairement pas pour ses solutions que l’éditeur californien s’est intéressé à cette entreprise, mais bel et bien pour le brevet.

Oracle reste vague sur ses intentions

Oracle reste très vague sur le sujet. Aucune indication n’est donnée quant à l’usage que la firme compte faire de ce brevet. Mesure de prévention pour l’avenir ? Arme contre ses concurrents ? Difficile d’imaginer l’importance de ce brevet. Aucune indication n’a été donnée quant au montant de la transaction. Oracle n’est pas le seul à chercher à s’accaparer des concepts ou technologies relatifs à Internet. Début août, le spécialiste des logiciels de sécurité McAfee s’est doté d’un brevet accordé par l’Office américain des brevets et des marques (United States Patent and Trademark Office, USPTO) autour de la technologie employée par la société pour distribuer ses logiciels comme des services via un navigateur Web (voir édition du 7 août 2001). Des services ASP aux places de marché, en passant par le concept de l’achat en un clic d’Amazon (voir édition du 16 février 2001), l’appropriation du Web ne fait que commencer.


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