Orange : Stéphane Richard décrit les rapports de force avec le club GAFA

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Dans des interventions médias, Stéphane Richard, CEO d’Orange, a abordé l’influence des géants du Web mais aussi l’état du marché des télécoms en France.

iPhone 6 d’Apple, GAFA, Android, marché français des télécoms…Stéphane Richard fait sa rentrée médiatique. Invité hier soir sur BFM Business alors qu’Apple était sur le point de démarrer sa keynote pour annoncer l’iPhone 6 et la Watch, le patron d’Orange a décrit un certain “rapport de force” entretenu avec la firme de Cupertino.

“Il y a une certaine culture de domination qui existe chez Apple (…) Certes, cela s’est un peu atténué, car Apple a des préoccupations de volume, veut s’étendre en Chine.” A propos du lancement de l’iPhone 6 prévu le 19 septembre en France, Stéphane Richard a indiqué que son groupe a pré-réservé “plusieurs dizaines de milliers” de smartphones et “s’attend à une demande forte, notamment sur la fin d’année”.

Commentant le paysage télécoms en France, le dirigeant d’Orange considère que la consolidation du marché n’aura pas lieu. Confirmant ainsi les propos tenus par la direction d’Iliad-Free. “Les négociations en vue d’une reprise de Bouygues Telecom sont arrêtées (…) On va rester un certain temps avec les opérateurs existants, on fera avec.”

Le patron d’Orange privilégie plutôt “une consolidation au niveau des réseaux”. SFR (avant le rapprochement avec Numericable) et Bouygues Telecom ont signé un accord dans ce sens (dénoncé par Orange d’ailleurs).

Sur France 24, il évoque les freins à la consolidation du marché : question de prix mais aussi de règlementation liée à la concurrence. “Nous n’avons pas la capacité de reprendre Bouygues Telecom tout seul. Cela nous donnerait une position trop forte en France.”

Concernant l’offensive commerciale de Bouygues Telecom sur le fixe (202 000 abonnés gagnés dans le courant du premier semestre 2014), Stéphane Richard avait déclaré la semaine dernière sur Radio Classique qu’il fallait “relativiser les choses” car le niveau de churn (changement d’opérateur) est assez faible sur ce segment. Cette guerre des tarifs n’aurait pas eu d’impact sur la base abonnés d’Orange (66 000 recrutements nets recensés sur le premier semestre 2014). “Ce phénomène tant qu’il est limité à cela, n’alarme pas plus que ça les opérateurs”, précise Stéphane Richard.

Toujours la semaine dernière, dans le cadre d’une rencontre UDECAM (Union des entreprises de conseil et d’achat média), le patron d’Orange était revenu sur l’attitude des GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) : “Ils considèrent l’Europe comme un comptoir (…) Nous sommes un bassin de clients avec un pouvoir d’achat encore assez élevé, et pour eux, l’Europe est la cible numéro un, je dirais même avant l’Amérique où c’est plus compliqué.”

Tout en précisant : “La cible la plus facile, celle où ils rentrent comme dans du beurre, c’est l’Europe.” 

Sur l’enquête antitrust visant Google en Europe, on note également une certaine ardeur dans les propos : “Il y a beaucoup de naïveté, le règlement récent entre la Commission et Google est un bel exemple de cette naïveté.”

Au-delà du volet de la recherche en ligne, le dirigeant d’Orange se montrait inquiet de la prédominance d’Android : “Google a introduit dans le milliard de smartphones que l’on vend chaque année sur la planète un cheval de Troie, qui est leur système d’exploitation Android.” 

Il faut donc redoubler d’effort sur le front de l’innovation pour ré-équilibrer les rapports de force entre les groupes américains. Cela tombe bien, le 2 octobre prochain, Orange organise son show Hello sur ce thème à Paris.

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