OS souverain : l’Anssi plus que dubitative

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Directeur général de l’Anssi, Guillaume Poupard se montre incisif concernant le projet d’OS souverain étudié dans la cadre de la loi pour une République numérique.

Guillaume Poupard ne mâche pas ses mots à propos du projet d’OS souverain voté en première lecture de la loi pour une République numérique.

Pour le directeur de l’Anssi (Agence nationale des systèmes d’information), qui s’exprimait lors d’une conférence de presse organisée en marge du Forum International de la Cybersécurité (FIC) à Lille, c’est tout simplement un non-sens. Tout du moins s’il s’agit de redévelopper un système d’exploitation à partir de rien.

Quant à l’idée de créer un OS favorisant les opérations des services de sécurité français, il est catégorique : « Nous ne sommes pas en Corée du Nord » (Red Star, l’OS développé par ce régime, permet d’espionner ses utilisateurs, comme l’ont montré, fin décembre, deux chercheurs en sécurité).

Guillaume Poupard rappelle surtout que l’Anssi a déjà mis au point une déclinaison de Linux sécurisée par ses soins. Baptisée Clip, elle est déployable aussi bien sur des passerelles de sécurité que sur des postes clients. Certaines states sensibles de l’administration ou de l’État l’exploitent actuellement.

Il résume : « Si c’est de cela dont [sic] il s’agit, alors la bonne nouvelle, c’est que nous avons déjà cet OS souverain ».

Comme le souligne Silicon.fr, de nombreuses voix, y compris celle de la secrétaire d’État au Numérique Axelle Lemaire, se sont élevées pour dénoncer l’absence d’un cahier des charges sur ce projet… voire mettre en doute le principe même de souveraineté et la définition que les parlementaires se font d’un système d’exploitation.

Si la disposition, adoptée le 13 janvier dernier par l’Assemblée nationale, est confirmée par les futures discussions au Parlement, elle pourrait aboutir à la création d’un Commissariat à la souveraineté numérique.

L’organisme serait rattaché directement à l’autorité du Premier ministre. C’est à lui que reviendrait le pilotage du développement de cet OS souverain évoqué dès 2014 par Arnaud Montebourg, alors ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique.


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