P. Bloche (PS) : “Hadopi : nous avons donné une leçon magistrale”

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Selon le député PS de Paris, le vote négatif du projet de loi Création et Internet est une conjugaison de la mobilisation de l’opposition et de la non-cohésion de la majorité.

Au regard des rapports de forces politiques au sein de l’Assemblée nationale, le projet de loi Création et Internet aurait dû passer comme une lettre à la Poste. Jeudi matin, le vote solennel du côté du Sénat s’est déroulé sans anicroches (avec un groupe PS qui avait choisi l’abstention). Mais  le scénario a considérablement évolué à l’Assemblée nationale avec un “coup politique” de l’opposition (PS en tête) qui a renversé la vapeur. Cela a abouti au rejet du texte de loi par le Parlement.

Sur la vidéo Libé Labo (à partir d’images de la chaîne de l’Assemblée nationale reprise par Dailymotion), juste après l’annonce du résultat du vote, on retiendra les cris d’enthousiasme du camp de l’opposition, l’accolade entre Patrick Bloche (PS, Paris) et Christian Paul (PS, Nièvre), l’air ravi de Nicolas Dupont-Aignan (pas d’appartenance politique, Essonne) et le profil bas de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, qui quitte l’Hémicycle. (Interview téléphonique réalisée le 9 avril 2009)

Vnunet.fr : Comment expliquez-vous le retournement lors du vote solennel à l’Assemblée nationale ?
Patrick Bloche : C’est une conjugaison entre une forte mobilisation de l’opposition, et particulièrement des députés socialistes, et une démobilisation des députés de l’UMP. Un certain nombre d’entre eux ont été amenés à s’exprimer contre ce projet de loi. Par exemple, ce matin, avant le vote solennel, Marc Le Fur, vice-président de l’Assemblée nationale (UMP), s’était encore exprimé contre ce projet dans l’Hémicycle. Au bout du compte, le texte a été rejeté avec six voix de majorité. C’est un échec à la fois politique et parlementaire pour le gouvernement qui n’a pas réussi à convaincre ses propres troupes de la pertinence de ce texte de loi.

Vnunet.fr : L’opposition a également adopté une tactique politique visant à renverser la vapeur…
Patrick Bloche : Alors que l’on approchait du moment du vote, j’ai constaté un équilibre des forces : douze députés contre, douze députés pour. Il m’a semblé plus que nécessaire d’aller chercher des députés socialistes en renfort, dont certains occupaient leurs bureaux, et de les faire participer à ce vote. Il arrive souvent que les députés rejoignent l’Hémicycle à la dernière minute pour voter. Du côté de l’UMP, ils ont fait exactement la même chose. Mais, quand l’UMP parvient à faire entrer trois députés en plus, nous réussissons de notre côté à faire venir neuf soutiens supplémentaires. d’où le différentiel de six voix qui a abouti au rejet. Nous avons donné une leçon magistrale dans l’Hémicycle en rejetant ce texte.

(lire la fin de l’interview page suivante)


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