P. Colin (Keynectis) : “Les échanges électroniques s’imposeront, les contrats papier deviendront une option payante”

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Keynectis fournit des services de confiance (protection des identités, des infrastructures, des documents) sur divers marchés relatif à la dématérialisation. Pour ses cinq ans, interview bilan et perspectives.

Keynectis s’est enraciné sur le marché de la dématérialisation en tant que fournisseur de solutions logicielles pour la protection des identités, des infrastructures, des documents et des transactions. Cette société française, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros dans les “technologies et services de confiance”, affiche à son actif 25 millions de certificats électroniques émis à ce jour et 10 millions de documents signés par l’intermédiaire de ses plates-formes.

Cette année, nous avons rencontré Keynectis à plusieurs reprises sur divers salons professionnels, notamment Planète PME en juin (Palais des Congrès, Paris) et Les Assises de la Sécurité en octobre (Monaco). La semaine dernière, la société, dirigée par Pascal Colin, était encore présente dans le cadre de Demat Expo (Arche de la Défense). Le temps de rassembler nos notes (oserions-nous dire plutôt “le temps de retrouver nos notes”…), ITespresso.fr vous propose une interview Keynectis qui fête sa cinquième année d’activité en 2009.

ITespresso.fr : Keynectis a cinq ans. Quel bilan effectuez-vous du parcours réalisé ?
Pascal Colin : Nous délivrons nos services de confiance à une centaine de clients ( administrations, banques, assurances, industrie…) et avons bâti des infrastructures à gestion de clé (PKI) chez des clients grands comptes en France comme des ministères (Intérieur, Défense) ou groupe industriel comme EADS. Au cours de nos cinq premières années, Keynectis a réussi à développer ses technologies et à les commercialiser pour parvenir à la rentabilité. La feuille de route est respectée. Nous avons déjà un regard vers l’international. L’année dernière, nous avons réalisé 15% de notre chiffre d’affaires à l’export. Principalement sur des programmes identitaires comme les passeports électroniques puis biométriques. La France est l’un des premiers pays européens à s’équiper de ce type de titres. Nous proposons dorénavant cette solution en revente en dehors de nos frontières (dans six autres pays).

ITespresso.fr : Peut-on parler d’un marché unifié de la dématérialisation en Europe ?
Pascal Colin : Il faut encore éduquer le marché : les clients entreprises ne savent pas quoi faire du certificat au-delà de la télé-déclaration TVA. Il faut monter un discours cohérent en termes d’usages uniformisés et délaisser la vision technologique. L’Europe pourrait donner une impulsion pour développer le marché de la carte d’identité électronique dans les 27 Etats membres. Voire au- delà : pourquoi pas des programmes d’identité électroniques décorrélés d’un support physique.

ITespresso.fr : Justement, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, pousse la réflexion sur l’identité numérique. Quelles pistes concrètes peut-on explorer ?
Pascal Colin : Cela reste à inventer. Il n’y a pas de marché qui existe comme tel. On pourrait tendre vers des systèmes d’émetteurs-récepteurs d’identité numérique qu’un groupement d’intérêt économique (GIE) pourrait instaurer. Le RGS (Réferentiel Général de Sécurité) que l’administration va prochainement publier va favoriser la diffusion d’identités numérique (certificats électroniques) et surtout leurs usages, grâce à une reconnaissance de ces dernières par les offreurs  de services et les sites de vente en ligne. Il y encore beaucoup de débats actuellement sur le sujet.

(lire la suite de l’interview page 2)


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