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P. Colin (Keynectis) : « Les échanges électroniques s’imposeront, les contrats papier deviendront une option payante »

ITespresso.fr : Comment investissez-vous le marché des passeports biométriques ?
Pascal Colin : En France, les passeports électroniques puis biométriques sont protégés par la technologie Keynectis. Des empreintes digitales figurent dans la puce du titre sécurisé. Notre technologie permet de garantir la sécurité du dialogue entre la puce et le lecteur lors du passage à la Douane ou du contrôle aux frontières. Keynectis a réussi à concrétiser des ventes similaires à l’étranger dans six autres pays. Il y a une uniformisation mondiale liée aux spécifications fournies par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et exigées dans le cadre de lancement d’appels d’offres.

ITespresso.fr : Depuis juin 2009, la réglementation européenne impose l’utilisation de passeports biométriques sous le standard EAC. A quoi sert la norme Extended Access Control ?
Pascal Colin : C’est une norme européenne qui permet de renforcer la sécurité de lecture d’une puce qui comprend des données biométriques comme le passeport biométrique français. On distribue un certificat aux lecteurs habilités et la puce n’est autorisée qu’à dialoguer avec ce type de lecteur.


ITespresso.fr : L’Union Européenne et la Banque de France poussent les établissements bancaires à proposer à leurs clients des services d’authentification forte. C’est un marché qui vous intéresse ?
Pascal Colin : Bien sûr. Les autorités européennes et françaises incitent les banques à fournir des services en ligne avec authentification forte pour tous leurs clients. Elles commencent à le faire avec des segments de clients privilégiés mais ces initiatives vont s’étendre. Avec notre solution K-Access développée en collaboration avec Mediscs (éditeur de logiciel de sécurité IT), nous sommes en mesure de délivrer des certificats à distance sur n’importe quels supports à mémoire (clés USB, téléphones mobiles, iPhone..) qui deviennent du coup des containers sécurisés servant de clé d’accès à son compte en banque par exemple.

ITespresso.fr : Après les solutions d’infrastructures, vous tendez vers le développement d’applications. De quelle manière ?
Pascal Colin : La solution K-Sign de signature électronique de documents PDF est une bonne illustration de notre orientation stratégique. Encore faut-il que l’on explique clairement ce qu’un entrepreneur peut faire avec ce type d’outil et trouver des exemples d’usage qui lui parlent : signature des bons de commandes, relation avec les administrations…La dématérialisation touche tous les corps de métiers. Nous allons développer un réseau d’accès au marché avec des canaux de distribution régionale pour la revente de nos produits et monter des relais internationaux.

ITespresso.fr : La solution K-Sign est-elle adaptée pour gagner des marchés à l’export ?
Pascal Colin : Tout à fait car c’est une signature universelle. Une PME française peut envoyer des documents PDF signés qui seront acceptés en Finlande et en Grèce. En revanche, si les entreprises européennes veulent répondre à la PME française par le même canal, il faudra s’assurer que la commercialisation de nos produits ou de ceux de nos concurrents soit effective dans les pays concernés.

ITespresso.fr : Comment les Français vont-ils se familiariser avec la signature électronique ?
Pascal Colin : Le bulletin de paie dématérialisé me semble un exemple assez parlant. En pratique, le salarié n’a pas besoin de signer son bulletin de paie mais il va réaliser assez rapidement l’importance de conserver un document électronique signé. C’est une preuve que ce document n’est pas altéré donc non contestable. Cela peut se révéler utile lorsque l’on compte ses points de retraite. Le cas de l’envoi du courrier recommandé à domicile plutôt que de se rendre dans un bureau de Poste est également un usage appréciable. D’une manière générale, les banques, les opérateurs téléphoniques les fournisseurs d’eau, d’électricité , d’accès à Internet…vont imposer les échanges électroniques, un contrat sur support papier deviendra bientôt une option payante.

(lire la fin de l’interview page 3)

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