Paris, une capitale trop peu favorable aux start-up ?

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Selon une étude de Compass, Paris n’arrive qu’au 11ème rang des écosystèmes de start-up, loin derrière des villes américaines, mais aussi Londres et Berlin. Ses difficultés : l’attirance d’investissements directs et des meilleurs talents.

Le Numa ne suffit pas. Malgré l’ouverture fin 2013 de cet espace dédié aux jeunes pousses du numérique, Paris manque d’une marche le top 10 international des écosystèmes de start-up.

La capitale est devancée par ses deux concurrents en Europe, Londres (6ème) et Berlin (9ème).

L’édition 2015 du Global Startup Ecosystem Ranking publié par la société américaine Compass est basée sur une consultation de plus de 11 000 start-up et 200 entrepreneurs dans 25 pays, complétée des données croisées de partenaires (Deloitte, CrunchBase, Orb Intelligence, etc.)

Compass estime que la capitale française abrite entre 2 400 et 3 200 start-up actives dans les technologies et que cet écosystème pèse entre 9,9 milliards et 12,1 milliards de dollars.

Malgré ces chiffres impressionnants, l’écosystème parisien parvient plus difficilement que d’autres à attirer l’investissement direct et les meilleurs talents (Paris est classée 16ème sur ce critère).

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Malgré la qualité de ses grandes écoles et des succès commerciaux remarquables (Criteo, BlaBlaCar…), « les meilleurs ingénieurs ont tendance à favoriser les grands groupes, les employeurs stables, plutôt que d’intégrer un projet naissant, voire une start-up établie », selon Compass.

Autre élément d’explication possible, le niveau des rémunérations. Il est moins élevé dans les jeunes pousses à Paris que dans les grandes entreprises, ne manque pas de souligner Silicon.fr.

En moyenne, un ingénieur logiciel recruté dans une start-up parisienne touche 53 000 dollars par an, un salaire comparable au salaire moyen en Europe pour ce type de profil, mais largement inférieur aux 118 000 dollars proposés dans la Silicon Valley, région qui attire le plus de talents étrangers, français inclus.

Par ailleurs, à Paris, seuls 5% des fondateurs de jeunes pousses ont une expérience dans une start-up en « hyper-croissance », alors que ce taux est de 13% en moyenne en Europe et de 35% dans la Silicon Valley.

Sans surprise, le pôle high-tech californien domine le classement général devant New York, Los Angeles, Boston, Tel Aviv, Londres, Chicago, Seattle, Berlin et Singapour (à noter : les écosystèmes chinois, japonais et coréens n’ont pas été pris en compte dans le classement).

L’investissement est un autre frein pour Paris et ses start-up. Le rapport fait état d’une réduction surprenante de 7% des investissements en capital-risque en 2014, à 1 milliard de dollars.

Un tour de table d’amorçage rapporte en moyenne entre 650 000 et 700 000 dollars, une levée de fonds de série A entre 4,4 et 5 millions de dollars. Et 73% des investisseurs sont des locaux.4

Mais les start-up parisiennes parviennent à séduire leur marché cible (Paris est 6ème sur 20 sur ce critère dit du « market reach ») et à s’exporter. Ainsi, 42% de leur clientèle est internationale, américaine et chinoise essentiellement, un taux supérieur de 7 points à celui de la Silicon Valley. Par ailleurs, Paris semble bénéficier du soutien public accordé au rayonnement de la French Tech.

 

Crédit image : rawpixel – Shutterstock.com

 


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