La patronne de YouTube prend position dans l’affaire James Damore

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Susan Wojcicki, patronne de YouTube, s’exprime après la décision de Google de licencier l’ingénieur James Damore pour des propos considérés comme sexistes.

La boîte de Pandore est ouverte chez Google.

Après Sundar Pichai, un autre haut dirigeant prend position dans le dossier James Damore, du nom de cet ingénieur officiellement licencié lundi pour avoir tenu des propos que la firme a considérés comme sexistes.

Dans une tribune que relaie Fortune, Susan Wojcicki, patronne de YouTube, déplore « un nouveau signal décourageant pour les jeunes femmes qui aspirent à étudier l’informatique ».

Le signal en question, c’est le postulat que James Damore pose dans un manifeste publié la semaine passée sur un forum interne : si les aptitudes et les inclinations des femmes et des hommes ne sont pas les mêmes, c’est en partie à cause de différences biologiques.

Des différences qui expliqueraient notamment pourquoi on trouve moins de femmes à des postes à responsabilité et plus globalement dans le secteur technologique.

Renvoyé pour ces propos que Google a jugés contraires à ses valeurs et en infraction vis-à-vis de son code de conduite*, l’ingénieur a porté plainte auprès du National Labor Relations Board, agence américaine chargée d’enquêter sur les pratiques illégales dans le monde du travail.

De colonnes en colonnes

Du côté de Susan Wojcicki, on regrette que la remise en question des capacités des femmes soit omniprésente dans l’univers de la tech.

« À plusieurs reprises, on a mis en doute mes aptitudes et mon engagement », confie la dirigeante, expliquant ne pas avoir été conviée à des événements-clés, mais aussi avoir été fréquemment critiquée pour des idées « jusqu’à ce qu’un homme les reformule ».

L’intéressée est coutumière de ce genre de tribunes entre lesquelles ses arguments se croisent parfois. Ainsi avait-elle déjà mentionné, en mars dans les colonnes de Vanity Fair, les « idées reformulées », tout en pointant du doigt les inégalités salariales et la tendance de certains hommes à préférer s’adresser à d’autres hommes – même hiérarchiquement inférieurs – plutôt qu’à elle.

Affirmant qu’embaucher des femmes créait « un cercle vertueux », celle qui fut l’une des premières employées de Google avait appelé à faire de la diversité des genres une priorité des ressources humaines… et des dirigeants, en citant l’exemple de Reed Hastings. Le CEO de Netflix avait donné l’impulsion dans le sens d’un allongement du congé parental. Des groupes comme Amazon et Microsoft avaient suivi cet élan.

* Susan Wojcicki assure que la liberté d’expression n’empêche pas la prise de sanctions lorsque des femmes « sont sujettes à la propagation de stéréotypes négatifs sur la base du genre ».


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