PayPal, le grand méchant loup du e-paiement ?

Entreprise

PayPal, qui a un temps usé de son libre arbitre pour bloquer le compte du projet open source Diaspora, annonce sa rétractation. Sa victime éphémère peut à nouveau percevoir des contributions financières.

[mise à jour du 21/10/2011] Parti en croisade contre Facebook et son manque de confidentialité vis-à-vis des données privées de ses membres, le projet open source Diaspora a un temps cru être la dernière victime en date du bon vouloir de PayPal… jusqu’à cette salutaire rétractation.

Le service de paiement en ligne avait en effet procédé au blocage de donations estimées à 45 000 dollars. Le compte de Diaspora allait rester vierge de toute transaction pour six mois et cette somme, gelée, sans possibilité de l’encaisser.

Encore en version alpha, Diaspora propose à l’internaute d’héberger ses fichiers sur un serveur privé et de procéder à leur partage sans avoir recours aux réseaux sociaux.

Sur son blog, le site Web s’est d’abord exprimé sans concession : “Paypal a arbitrairement bloqué les donations en faveur de Diaspora. Notre compte est gelé, donc nous sommes dans l’incapacité de recevoir d’autres contributions par carte bancaire“.

A la genèse d’une aventure qui aurait pu tourner court, le site a lancé, début 2011, une campagne de mécénat à destination des internautes, avec des contributions minimales de 25 dollars.

L’épisode, énième d’une longue série, aurait pu passer inaperçu si de tels désagréments n’étaient pas survenus en nombre au cours des dernières années.

Déjà bien chargé, le tableau de chasse de PayPal s’apprêtait à accueillir un énième protagoniste rejoignant bien malgré lui des débats à leur paroxysme depuis une affaire similaire impliquant Wikileaks, également barré par Visa en décembre dernier.

Ce comportement récurrent n’est pas étranger à l’inquiétude grandissante qui règne au sein des entités (sociétés, organisations, partis politiques) utilisatrices du service, et dont l’équilibre financier dépendrait du simple libre arbitre des intermédiaires de paiement.

Auteur d’un pamphlet habilement déguisé à l’encontre de PayPal, ReadWriteWeb n’a pas manqué d’incriminer cette toute-puissance qui a notamment donné des frissons à de nombreux vendeurs dont l’activité sur eBay a de ce fait été contrariée.

Créateur du best-seller Minecraft, Markus Persson a connu le même sort. Ce n’est qu’à force de patience qu’il a pu mettre la main sur des revenus estimés à 750 000 dollars.

Pis, l’inflexibilité de PayPal aurait affecté certaines associations humanitaires telles que Something Awful, qui oeuvrait dans le cadre de l’aide d’urgence décrétée des suites de l’ouragan Katrina.

Et pourtant, le vent a tourné : si le “grand méchant loup” n’a pas souhaité émettre de commentaire à propos des dessous de l’affaire Diaspora (“il en va de notre politique de confidentialité“, dixit PayPal), il confirme s’être entretenu en direct avec l’intéressé.

Des “règles strictes” de rigueur dans le cadre de donations auraient simplement retardé un processus non pas rejeté, mais mis en suspens le temps d’effectuer les contrôles nécessaires, notamment des documents attestant de la finalité et du destinataire des opérations de mécénat.

Toutes les vérifications se font à la main [pour plus de sécurité]. Les organisation telles que Diaspora doivent ainsi consentir à un délai avant de pouvoir prétendre à leurs fonds“, résume PayPal, qui a tempéré ses ardeurs par l’entremise d’un courriel d’excuse.

Morale de l’histoire, tout est bien qui finit bien dans le meilleur des mondes ? Pas vraiment. Il ne s’agit ni plus ni moins d’un juste retour sur décision. Quoique PayPal a fait preuve d’une promptitude propice à enterrer la hache de guerre.

Crédit photo : Copyright dedMazay – Fotolia.com


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