PeerFactor : de la bande passante contre des cadeaux

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En s’appuyant sur le modèle employé par les réseaux peer-to-peer, PeerFactor revend la bande passante de ses utilisateurs volontaires.

C’est ce vendredi 20 janvier que démarrent les inscriptions à PeerFactor, un service de peer-to-peer (P2P) français légal. PeerFactor n’est pas un logiciel d’échange de fichiers mais une application qui s’appuie sur le principe du P2P pour collecter de la bande passante et la redistribuer à des sociétés tierces.

« L’application permet, par exemple, de faire du traitement dans le domaine des moteurs de recherche », explique Richard Rodriguez, le directeur de PeerFactor. Actuellement, le moteur FyberSearch utilise ainsi la bande passante allouée par PeerFactor pour repérer en temps réel les liens morts sur le Web. « Une tâche qui réclame peu de puissance de calcul mais beaucoup de bande passante », précise le dirigeant.

Version enrichie du précédent PeerFactor

Autre usage de cette bande passante collectée : la distribution de fichiers à vocation commerciale sur les réseaux P2P eDonkey/eMule et BitTorrent. Une fois téléchargés, ces contenus invitent l’utilisateur à essayer ou acheter le produit. Actuellement, les offres que distribue PeerFactor se limitent à deux moteurs de recherche, des bandes-annonces et making-of de films (dans le cadre d’une stratégie marketing plus que de vente), ainsi que des fichiers musicaux de labels indépendants.

Ce modèle est l’évolution d’une version antérieure de PeerFactor. Lancé en 2004 par RetSpan, une association cofondée par Richard Rodriguez pour lutter contre les échanges illégaux de fichiers (voir édition du 5 novembre 2004), le service PeerFactor diffusait des fichiers musicaux leurres sur les réseaux P2P. Lorsque l’internaute ouvrait le fichier, il tombait sur une offre commerciale. Un procédé « moins méchant que les fakes », estime Richard Rodriguez, et qu’on retrouve dans le nouveau PeerFactor.

L’entreprise ne s’interdit pas d’utiliser également les processeurs des ordinateurs des participants. « Nous avons un petit moteur de grid computing en P2P qui fait tourner des applications en tâche de fond », ajoute Richard Rodriguez. Le dirigeant assure que « les logiciels de calculs sont exploités à distance, rien n’est installé définitivement sur le disque dur de l’utilisateur ». Celui-ci peut d’ailleurs à tout moment désinstaller PeerFactor de sa machine.

Priorité aux autres applications

Dans tous les cas, l’application ne s’active que lorsque la machine n’est pas utilisée. « PeerFactor tourne tout le temps mais nous avons attribué une priorité ultra basse au processus », confie le responsable. Du coup, dès qu’un autre processus avec une priorité normale est lancée (comme l’utilisation de la souris), PeerFactor cède la place au besoin principal. C’est notamment pour garantir cet ordre des priorités que le logiciel n’est disponible que sous Windows XP.

En compensation de l’utilisation de la connexion Internet de l’utilisateur, PeerFactor entend lui offrir des cadeaux : morceaux musicaux, jeux, logiciels… Du moins, dans la limite de 500 inscrits par mois et en fonction de la bande passante et de la puissance mises à disposition. « A terme, nous espérons récompenser tous les utilisateurs », soutient Richard Rodriguez, « mais il nous faut trouver le bon modèle économique ». Le dirigeant espère compter 10 000 utilisateurs actifs d’ici la fin de l’année.

PeerFactor facture sa prestation au résultat. La jeune pousse, dotée d’un capital de 8 000 euros et basée à Paris, espère pouvoir se développer en s’appuyant « sur un gros client dans le secteur de la musique ou du cinéma pour la distribution de contenus et sur de petits acteurs innovants ».