PGI : un secteur à la recherche d’un second souffle

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Selon le Gartner, le marché des PGI a enregistré une baisse de près de 10 % en 2002. D’où l’actuel mouvement de consolidation. Parallèlement, les éditeurs travaillent à rétablir la confiance des entreprises vis-à-vis de leur informatique.

D’après le cabinet d’études Gartner, le marché des progiciels de gestion intégrés (PGI) s’est rétracté de 9 % l’an dernier, passant de 5,5 milliards de dollars en 2001 à 5 milliards en 2002. Cette récession s’accompagne d’une modification de l’approche des entreprises vis-à-vis des applications de gestion et de nouveaux comportements d’achat. Autant à la fin des années 90 elles ont procédé, dans la perspective du passage à l’an 2000, à de vastes déploiements, de type big bang, autant elles sont désormais très prudentes, se contentant d’ajouter des fonctionnalités au coup par coup. Cela dit, le marché des PGI ne se porte pas si mal, eu égard notamment à la situation économique mondiale. Ses performances sont mêmes, aux dires de Gartner, supérieures à ce qu’il prévoyait. Au niveau des fournisseurs et de leur position respective, 2002 n’a pas apporté de grands changements : SAP est toujours le n° 1, avec une part de marché de 25,1 % loin devant Oracle (7 %), Sage (5,4 %) et Microsoft (4,9 %). Microsoft, Sage et SAP ont amélioré en 2002 leur part de marché alors qu’Oracle et Peoplesoft ont vu la leur se dégrader légèrement.

Renouveler le discours marketing

Dans ce contexte un peu déprimé, les éditeurs n’ont pas d’autres choix pour se développer que de procéder à des opérations de croissance externe : il s’agit de réaliser des économies d’échelle et d’accroître la base installée de façon à compenser la baisse qui affecte le montant moyen des contrats par leur nombre. Tous les éditeurs sont désormais lancés dans une course à la taille critique, hormis bien sûr SAP, qui domine le haut de gamme et Microsoft qui a tous les atouts pour être leader sur le segment du mid-market. C’est l’enjeu de l’OPA d’Oracle sur Peoplesoft, dont le montant a été augmenté de 22 % mercredi, et du projet de fusion de ce dernier avec JD Edwards, qui a également fait l’objet d’une surenchère (voir édition du 17 juin 2003). Outre la recherche de la taille critique, les éditeurs fourbissent également leurs argumentaires marketing de façon à convaincre les entreprises de l’intérêt d’investir massivement dans leur système d’information. Ainsi le CEO de SAP, Henning Kagermann, s’est-il employé mardi lors d’une conférence utilisateur qui se tenait à Orlando à démontrer le rôle prééminent de l’informatique pour améliorer la réactivité des entreprises à leur environnement ainsi que leur aptitude à s’adapter à de nouvelles conditions économiques.

Clin d’oeil à Darwin

C’est le thème de l’adaptive enterprise, clin d’oeil aux théories évolutionnistes de Darwin. Thème du reste repris par d’autres fournisseurs comme HP ou IBM. Pour cela, les entreprises devraient modifier leur stratégie en matière d’investissement informatique : alors qu’elles consacrent actuellement 10 % de leur budget pour développer des processus innovants, 30 % pour consolider le système d’information, c’est à dire mieux l’intégrer, et 60 % pour en assurer la bonne marche jour après jour, Henning Kagermann préconise que la répartition entre ces trois postes tende vers 40 % pour l’innovation, 20 % pour la consolidation et 40 % pour les frais de fonctionnement. Des innovations technologiques sont susceptibles de les aider à réduire la part de leur budget consacrée à l’intégration. Ce sont – on s’en doutait ? les services Web, les portails, les serveurs d’applications… Le dirigeant a d’autre part vanté les mérites de la propre technologie d’intégration de SAP, NetWeaver (voir édition du xxx), et reconnut que l’éditeur concurrence désormais des spécialistes du middleware tels IBM ou BEA, qui sont par ailleurs ses partenaires.


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