PicoWAN : comment Henri Crohas veut « uberiser » les réseaux IoT

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PicoWAN : c’est le nom du réseau IoT que le fondateur d’Archos compte déployer en s’appuyant sur une pico-passerelle maison connectée à Internet.

« Uberiser » les réseaux pour objets connectés ? Ce pourrait être le sens de l’initiative portée par Henri Crohas avec PicoWAN.

Le fondateur et actionnaire principal d’Archos – avec 9 % du capital – annonce la création de cette société qui mettra en oeuvre la technologie du même nom.

Il s’agira d’un réseau LPWAN (longue portée et basse consommation) destinés aux objets connectés à grande autonomie ; en l’occurrence, 5 ans et plus sur une pile bouton.

PicoWAN ne fonctionnera pas sur le même modèle que Sigfox, M2ocitiy, Qowisio et consorts. Plutôt que de déployer des antennes dédiées aux réseaux mobiles basse puissance chargés de transporter les données émises par les objets et autres capteurs, l’entreprise s’appuiera sur Internet pour assurer la remontée des informations.

Au coeur de cette solution, une pico-passerelle qui se connecte au réseau mondial en Wi-Fi ou Ethernet, puis crée le réseau sans fil basse fréquence (868 MHz) en direction des objets connectés.

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Cette prise commandée est compatible avec tous les objets LoraWAN pourvus de puce Semtech et d’autres composants adoptant la technologie de l’alliance éponyme, qu’Henri Crohas considère comme « un facilitateur, mais pas un capteur de marché ».

Le boîtier sera installé à l’intérieur des bâtiments. Il remplacera les concentrateurs traditionnels montés sur les antennes mobiles. Ce qui évitera à PicoWAN d’investir dans l’infrastructure.

Bilan : Henri Crohas se dit capable de proposer des tarifs très concurrentiels, d’autant plus que la pico-passerelle ne coûte « que quelques euros à produire ». L’ex-dirigeant d’Archos évoque à Silicon.fr une tarification à partir de 50 centimes d’euro par an et par objet pour trois connexions par jour ; soit moitié moins que chez Sigfox.

PicoWAN entend par ailleurs faire de ses futurs clients de potentiels partenaires opérateurs de son réseau, ce en leur reversant jusqu’à 50 % des revenus. En tête de liste, les bailleurs de fonds, qui, de par leurs besoins de mesure de consommation énergétique dans leurs bâtiments, pourraient proposer le réseau PicoWAN à d’autres utilisateurs d’objets connectés.

Rendez-vous en 2016

Pour lancer la dynamique, PicoWAN compte distribuer gracieusement, d’ici à fin 2016, jusqu’à 200 000 pico-passerelles en Europe. « De quoi couvrir la moitié de la population », selon Henri Crohas.

Dans l’absolu, il faut cinq fois plus de ces mini-concentrateurs que d’antennes installées sur des points hauts pour couvrir la même zone. Mais Henri Crohas met en avant une meilleure propagation du signal, y compris jusqu’en sous-sol. Et surtout une meilleure géolocalisation des objets par une plus grande possibilité de triangulation et la mesure du temps de vol du signal – et une consommation moindre par rapport au GPS.

Après deux ans d’étude de faisabilité, PicoWAN réalisera ses premières démonstrations publiques en février 2016, lors du Mobile World Congress de Barcelone. On notera qu’Archos sera son actionnaire à plus de 50 %.

Crédit photos : Archos & PicoWAN


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