Pierre-Henri Medan (NRJ Mobile) : “Les offres prépayées sont prioritaires”

Mobilité

Le groupe radio devient opérateur mobile virtuel avec SFR avec une offre commerciale agressive.

Après M6 Mobile (une association de M6 et d’Orange), c’est au tour du groupe NRJ de déployer une offre mobile en adoptant un profil d’opérateur mobile virtuel (MVNO). Le 2 novembre, le groupe radiophonique va lancer ses premières offres commerciales NRJ Mobile. L’objectif est de séduire un million de consommateurs en trois ans, en ciblant les 11-25 ans. Après 12 mois d’exploitation, le groupe radiophonique espère en comptabiliser environ 300 000. Pierre-Henri Medan, directeur général de M6 Mobile, dresse un état des lieux du marché et de la concurrence. (Interview réalisée le 17 octobre 2005)

Vnunet.fr: M6 Mobile affiche déjà 100 000 clients. N’arrivez-vous pas trop tard ?

Pierre-Henri Médan : Nous ne nous sentons pas directement concurrents de M6 Mobile, qui constitue une offre d’Orange créée à partir d’une licence de marque et qui s’appuie sur des formules de forfaits bloqués. En qualité d’opérateur mobile virtuel présent sur la 2G et la 3G, nous prenons position sur le marché avec des offres prépayées. Nous nous distinguons en proposant des recharges sans durée de validité, ce qui n’existait pas en France. La personnalisation du numéro est également une innovation. Sans compter sur le SMS offert à chaque appel facturé d’une minute et plus. Nous considérons que le prépaiement n’est qu’un moyen de paiement mais il n’y a pas de raison qu’un client sous cette formule n’ait pas accès aux dernières innovations technologiques issues de la 3G (streaming radio et télévisé, téléchargement de musique, etc.).

Le modèle de l’abonnement forfaitaire ne vous intéresse-t-il pas du tout ?

La question nous intéresse, bien sûr. Nous serons certainement amenés à avoir des offres forfaitaires. Dans un premier temps, nous nous concentrons sur le prépayé pour avoir un discours très clair vis-à-vis du consommateur. Après analyse du marché mobile français, nous avons estimé que c’est sur ce type d’offres que nous pouvions amener le plus de valeur ajoutée.

Peut-on s’attendre à une guerre des prix entre les différentes offres de téléphonie mobile ?

Il est évident que le marché ne pourra pas se permettre de multiplier les services mobiles sans se poser la question de leur accessibilité sous forme de packages tarifaires. La télévision en streaming sur mobile est par exemple un service dont le coût d’accès n’est pas neutre si vous voulez avoir des sessions relativement longues. Mais nous arrivons dès le départ avec une offre qui nous paraît très compétitive.

En tant que nouvelle marque MVNO intégrée à un grand groupe radiophonique, vous êtes attendus sur le volet de la musique sur mobile. Qu’allez-vous proposer ?

Nous avons mis l’accent sur le streaming radio, que nous exploitons en mode payant. Nous avons décliné trois formats exclusifs en continu et sans publicité sur NRJ Mobile : NRJ Hit, NRJ MasterMix (R&B) et NRJ Pop. Nous proposons également l’accès à deux radios étrangères, Capital FM (Londres) et Z-100 (New York). Pour la partie télévision, nous proposons une version mobile de notre chaîne NRJ 12 accessible via la télévision numérique terrestre. Mais aussi deux déclinaisons 100% mobiles de NRJ 12 en version Hit et MasterMix. Nous allons développer les données associées au streaming : logos, sonneries et téléchargement en partenariat avec Musiwave. Nous avons mis au point NRJ Sound, un procédé développé en interne qui permet une optimisation de l’écoute musicale sur son mobile.

Etes-vous satisfaits des conditions négociées avec votre partenaire réseau SFR ? Le quotidien Les Echos parle d’une réduction de 30 à 35% du tarif de détail?

Cela n’engage que Les Echos. Par définition, les conditions d’accès sont toujours chères mais nous avons trouvé un terrain d’entente pour démarrer. Notre objectif premier est de réaliser un bon démarrage. A l’avenir, au fil du développement de NRJ Mobile, il est évident que nous serons amenés à optimiser nos conditions d’achat. Plus nous aurons de clients, plus nous aurons de points pour négocier avec notre fournisseur télécoms.

Le prix du SMS peut descendre à 6 centimes d’euro
Pour son lancement, NRJ Mobile va proposer des offres prépayées avec des tarifs grand public (55 centimes la minute voix et 12 centimes l’envoi d’un SMS) mais aussi des tarifs communautaires (35 centimes pour un appel vers un autre abonné NRJ Mobile, 6 centimes pour un SMS). Pour acquérir un terminal 2G ou 3G estampillé NRJ Mobile, il faudra débourser entre 90 et 370 euros. Neuf terminaux (deux en 3G et sept en 2G) seront disponibles dans un premier temps. Une première gamme de recharge est mise en place : 5 euros (SMS/MMS) puis 10, 20 ou 30 euros. Un portail de services multimédia mobiles est déployé : l’écoute de la radio sera facturée 15 centimes la minute, l’accès à la télévision à 25 centimes la minute et l’abonnement illimité à sa chaîne NRJ 12 à deux euros par mois.

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