Piratage de Greenpeace : le procureur Branchet met EDF à l’amende

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Dans l’affaire du piratage de l’organisation écologiste Greenpeace, le procureur de Nanterre, Benjamin Branchet, a requis 1,5 million d’euros d’amende contre EDF, et de la prison contre ses anciens responsables de la sécurité.

Le procureur du tribunal correctionnel de Nanterre, Benjamin Branchet, est convaincu que le piratage du système informatique de Greenpeace en 2006 a été commandité par EDF.

Il a donc requis ce 24 octobre une amende de 1,5 million d’euros contre l’électricien au titre de “complicité et recel d’intrusion frauduleuse informatique.”

Selon le procureur, la défense d’EDF selon qui les piratages ont été faits à son insu par son prestataire est un pur mensonge.

Le procureur a aussi demandé 3 ans de prison (dont 30 mois avec sursis) contre les deux anciens responsables de la sécurité de l’entreprise précise l’AFP.

Pierre-Paul François (ancien policier) et Pascal Durieux (qui fut contre-amiral) avaient en effet signé un contrat avec l’agence d’intelligence économique Kargus Consultants (dirigé par Thierry Lorho, un ancien de la DGSE – Direction Générale de la Sécurité Extérieure), les services secrets français) d’une valeur de 50 000 euros.

La mission qu’ils lui auraient confiée était claire : EDF “souhaitait entrer dans les ordinateurs de Greenpeace pour anticiper ses actions liées au réacteur nucléaire EPR“, a affirmé Thierry Lorho au cours du procès.

La principale victime de ce piratage a été Yannick Jadot, à l’époque directeur des campagnes pour Greenpeace, et aujourd’hui porte-parole d’Eva Joly, ancienne juge et candidate écologiste EE-LV à la présidentielle.

L’affaire mélange donc politiques et barbouzes, et tombe à point pour rappeler aux “élites” françaises de quel côté de la loi elles se trouvent. En tout cas selon le procureur Benjamin Branchet, dont le réquisitoire est cité dans Le Monde :

Nul ne doit se sentir autorisé à violer la loi, quels que soient sa fonction, son passé et l’état de ses réseaux d’influence. C’est ce message solennel que vous devez, par votre jugement, adresser aux prévenus.”

Car sinon, “comment [le] citoyen pourrait-il conserver une totale confiance aux décideurs publics ou privés qui exigent de lui respect et sacrifice financier ? “, conclut-il.

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