La police veut décortiquer le système Uber: deux gardes à vue en France

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En lien avec une enquête préliminaire ouverte fin 2014, deux dirigeants d’Uber – Pierre-Dimitri Gore-Coty (Europe) et Thibaud Simphal (France) – ont été placés en garde à vue.

Uber prend cher en France. Les deux principaux dirigeants en charge de l’exploitation du service en France ont été placés en garde à vue aujourd’hui.

Il s’agirait de Pierre-Dimitri Gore-Coty, Responsable d’Uber pour la zone Europe de l’Ouest, et Thibaud Simphal, Directeur général d’Uber France.

Selon LeFigaro.fr, les deux directeurs « se sont spontanément rendus à la Brigade d’enquêtes sur les fraudes aux technologies de l’information (BEFTI) ».

Les policiers veulent les entendre « dans le cadre d’une procédure datant de plusieurs mois ».

Les gardes à vue seraient liées à une enquête préliminaire initiée en novembre 2014, portant sur une présumé fraude sur les charges sociales.

Ce qui avait débouché sur une perquisition dans le siège parisien d’Uber en mars.

Dans la communication officielle d’Uber, cela se traduit par : « Notre directeur général pour la France et notre general manager pour l’Europe de l’Ouest étaient cet après-midi invités par la police à participer à une audience.

« A la suite de cette dernière, ils ont été placés en garde à vue. Nous sommes toujours disposés à répondre à toutes les questions autour de nos services, et à la disposition des autorités pour résoudre quelque problème que ce soit. Les discussions sont en cours ».

Le service de communication d’Uber pour la zone EMEA précise en guise de réaction : « En attendant, nous continuons à travailler pour garantir la sûreté des passagers comme des chauffeurs Uber, après les troubles de la semaine passée. »

Uber : relations conflictuelles avec les taxis

D’origine californienne, la société Internet, qui édite des applications pour le transport des personnes, assure qu’elle compte toujours coopérer avec les autorités afin de dissiper toute confusion.

Ces gardes à vue interviennent alors que les relations entre Uber et les compagnies de taxis – voire ses concurrents dans le segment des véhicules de transport avec chauffeur (VTC) – tournent au conflit ouvert.

Le service UberPop, qui permet à des chauffeurs particuliers de prendre des passagers en faisant payer le trajet, est perçu comme une concurrence déloyale voire du parasitisme.

Le président François Hollande a appelle même à sa « dissolution ».

La semaine dernière, son rejet a abouti à des mouvements de contestation parfois violents entre chauffeurs de taxis et conducteurs Uber.

Il est arrivé également que des passagers pris dans des véhicules Uber soient également pris à parti.

A priori, les gardes à vues enclenchées lundi ne sont pas liés aux violences associées aux mouvements de grogne des chauffeurs de taxis observées entre jeudi et vendredi.

On en saura probablement plus dans les heures et les jours qui viennent…

Précisons toutefois que Thibaud Simphal est attendu jeudi prochain (2 juillet) à la convention Hack4Europe organisée à Bercy pour apporter son témoignage sur les secteurs qui font bouger les lignes de l’innovation.

Son agenda risque d’être bousculé cette semaine.

(Crédit photo : Shutterstock.com – Droit d’auteur : Evan Lorne)


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