PostgreSQL veut se mesurer aux bases de données propriétaires

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Dans sa nouvelle version, PostgreSQL entend désormais rivaliser avec les bases de données propriétaires. Selon ses promoteurs, ce logiciel libre est suffisamment mûr pour supporter les applications critiques des entreprises.

La semaine dernière, PostgreSQL Global Development Group (PGDG), l’organisme chargé du développement du système de gestion de bases de données relationnelles orientées objet (SGBDRO) PostgreSQL, a annoncé la sortie de la version 7.4 de son produit. Selon ses promoteurs, cette nouvelle version hisse PostgreSQL au niveau des bases de données propriétaires, et notamment celle d’Oracle qui définit le standard en cette matière, et ce tant au niveau de la couverture fonctionnelle que des performances, tout en conservant la flexibilité et le faible coût de possession (TCO) caractéristiques d’un logiciel libre. Au nombre des améliorations apportées par cette version, on peut citer l’optimisation pour l’Opteron, le processeur 64 bits d’AMD, de meilleurs outils de maintenance des index et une amélioration de l’indexation des textes, permettant désormais de trier les résultats par pertinence. En ajoutant à cela la récente mise à disposition par PostgreSQL Inc., éditeur à l’origine de la base de données, de sa solution de réplication écrite en Java, eRServer, PostgreSQL a désormais vocation à déployer des entrepôts de données (data warehouses) de grande envergure tout en proposant une haute disponibilité.

Faciliter la migration

Le PGDG a en outre intégré une fonctionnalité d’agrégation par hachage en mémoire, qui rend jusqu’à vingt fois plus rapides les requêtes OLAP et les applications de datawarehousing, amélioré l’optimiseur de requêtes pour les requêtes imbriquées, introduit un nouveau protocole réseau et étendu les possibilités des index basés sur des fonctions ou des expressions. L’ensemble de ces fonctionnalités améliore la rapidité d’exécution des requêtes et des procédures, selon le PGDG, de 400 % dans certains cas de requêtes complexes, et ce pour toutes les tailles de bases de données. Outre ces extensions de la couverture fonctionnelle, des efforts ont été fournis pour faciliter la tâche des administrateurs de bases de données désirant migrer vers PostgreSQL. La version 7.4 a ainsi été rendue plus facile d’accès et plus standardisée que les versions précédentes. Tout d’abord, le GDGP a amélioré le respect du standard ANSI SQL en révisant complètement le système de messages et en améliorant la présentation des métadonnées, créant ainsi un environnement SQL standard pour les rapports d’erreur et les métadonnées. Ensuite, la documentation en ligne a été réorganisée et étendue afin d’aider les nouveaux utilisateurs à prendre en main PostgreSQL. Enfin, l’environnement graphique d’administration de la base de données a été amélioré. Reste à savoir quelle sera l’attitude des entreprises : sont-elles prêtes pour structurer leur centre de données autour des bases de données libres comme PostgreSQL, ou ses concurrents tels MySQL, MaxDB, ou l’utilisation de ces logiciels sera-t-elle longtemps encore cantonnée aux applications périphériques du système d’exploitation (sites Web d’information, intranets…) comme c’est le cas actuellement ? Peut-être faut-il, pour que leur attitude change, que ces produits reçoivent le soutien de grands intégrateurs et/ou de grands éditeurs dont les applications fonctionnent avec ces bases de données libres, à l’instar de SAP qui mise à la fois sur MaxDB et MySQL (voir édition du 5 juin 2003).


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