Pour les opérateurs, WiMax rime avec stratégies multiservices autour du sans fil

Mobilité

Une soixantaine d’acteurs télécoms ont répondu à la consultation publique sur la boucle locale radio organisée par l’ART. L’organisation du futur marché WiMax a été esquissée.

Dès la deuxième partie de l’année 2005, les premiers services commerciaux liés au WiMax (raccourci de Worldwide Interoperability for Microwave Access) pourraient émerger. Cette technologie haut débit sans fil permet un débit théorique de 60 mégabits par seconde sur de plus longues distances que le Wi-Fi.

En début de semaine, l’Autorité de régulation des télécommunications (ART) a publié la synthèse de la consultation publique lancée au cours de l’été 2004 concernant la boucle locale dans les bande 3,4-3,8 GHz, ce qui inclue le WiMax (IEEE802.16) rattaché aux technologies de la bande 3,5 GHz. Cinquante-neuf acteurs y ont répondu (*).

Le WiMax devrait permettre d’offrir un service fixe d’accès sans fil à haut débit supportant une exploitation tripleplay (voix sur IP, données, vidéo). Plusieurs types de couvertures territoriales autour du WiMax pourraient émerger: projets de large ampleur menés par les opérateurs, des chantiers liés à l’aménagement du territoire en lien avec les collectivités et leurs capacités d’opérer des infrastructures télécoms et des projets très localisés (communes ou communautés de communes).

Le WiMax est d’abord perçu comme une technologie permettant de desservir des zones d’ombres de l’ADSL ou servir de relais pour amplifier le haut débit au cas où la distance au répartiteur pose problème. Les acteurs télécoms qui ont répondu à l’appel d’offre voient également dans le WiMax un vivier d’offres de services innovants (accès haut débit, voix sur IP, transmission de contenu multimédia ou nomadisme).

En règle générale, les services tournent plus vers le nomadisme (usage sans fil à domicile) que la mobilité (déplacements plus longs). Les segments de clients sont également hétérogènes : particuliers, professionnels, TPE-PME.

Comment répartir les ressources

En organisant cette consultation publique, l’ART cherchait à recueillir des avis sur les modalités d’attribution de la bande 3,4-3,8 GHz. Les acteurs porteurs de projets larges comme les opérateurs télécoms s’opposent à l’attribution au fil de l’eau compte tenu des risques économiques, de la complexité technique et réglementaire et du contexte concurrentiel. En revanche, d’autres contributeurs ont estimé qu’il fallait au contraire privilégier un maillage fin de la ressource liée à cette bande hertzienne.

Le choix de la procédure fait également l’objet d’un débat : enchères (méthode controversée) ou soumission comparative (option plus fédératrice). Dans le deuxième cas, les acteurs proposent de reprendre les critères qui avaient été fixés pour les attributions de boucle locale radio en 2000 (comme la capacité technique et financière de l’opérateur, les ambitions de couverture et de calendrier, l’emploi et la concurrence, etc.). Ils sont partagés sur la possibilité de céder les fréquences (deux tiers des contributeurs y sont favorables, un tiers contre).

(*) Les principaux acteurs télécoms ont répondu présents pour la consultation publique comme France Télécom, Bouygues Télécom, SFR, Free, Neuf Télécom, Cegetel ou AOL. Pour la partie équipementiers, Cisco et Alcatel ont apporté leurs contributions. Des sociétés au profil jeune entreprise comme Altitude Télécom, Ipvset ou Wesea ont également pris la parole. Des collectivités ont également exprimé leur avis comme le Conseil régional Midi-Pyrénées ou l’agglomération de Clermont Ferrand. Cherchez l’intrus : la radio Skyrock fait partie du panel.

WiMax, concurrent ou complément de l’UMTS ?
Selon une étude du cabinet américain d’analyses Telecom View, le WiMax et les autres technologies d’accès Internet haut débit sans fil pourraient capter plus de 40% des parts du marché du haut débit sans fil d’ici 2009. Ce qui réduirait à 60% la part consacrée à la téléphonie troisième génération (dont l’UMTS). Le WiMax serait la technologie la plus prometteuse à suivre, selon Télécom View. Et les retours sur investissement seraient plus aisés avec cette technologie haut débit sans fil alternative. Dans le rapport de synthèse de l’ART concernant la boucle locale radio, les nouvelles technologies sont perçues d’abord comme un complément de l’UMTS et non comme un concurrent.

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