PRISM : l’industrie IT américaine passe entre les gouttes

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Forrester estime que le manque à gagner lié au scandale PRISM sera moins important que prévu pour les acteurs américains du cloud et de l’outsourcing.

Les révélations d’Edward Snowden sur les pratiques de surveillance de la NSA pourraient avoir des retombées financières moins importantes que prévu sur les fournisseurs américains de cloud et d’outsourcing.

C’est tout du moins ce qu’estime Forrester. L’institut de recherche évalue à 47 milliards de dollars le manque à gagner que cet épisode engendrera sur les trois prochaines années. Soit près de quatre fois moins que les prévisions émises en 2013… et qui faisaient alors état d’une perte probable de 180 milliards de dollars.

Pressenties pour se détourner massivement des industriels américains en conséquence de ces écoutes à grande échelle, les entreprises ont plutôt décidé de renforcer la sécurité de leurs systèmes. Tout particulièrement sur la question du chiffrement.

Au global, 26 % des décideurs – IT ou business – basés hors des Etats-Unis ont tout de même réduit leurs prises de commandes auprès des groupes américains. Si bien que l’impact financier reste non négligeable, surtout pour les acteurs “traditionnels” de l’externalisation. Les fournisseurs de solutions cloud ne perdraient quant à eux “que” 528 millions de dollars sur la période 2014-2016.

Quand bien même elles n’ont jamais officiellement pointé du doigt la NSA, de nombreuses sociétés ont constaté une certaine hésitation face à leurs offres, voire une nette baisse de leurs ventes, notamment en Chine. Elles parviennent cependant à conserver l’essentiel de leur clientèle, consciente du fait que les Etats-Unis ne sont pas les seuls à avoir mis en place des programmes de surveillance électronique.

En avançant la somme de 47 milliards de dollars, Forrester se rapproche des estimations communiquées en 2013 par The Information and Innovation Foundation. Ce think tank, qui fédère de grandes figures politiques, mais aussi des personnalités issues de sociétés comme Apple, Intel ou encore Oracle, évaluait à 35 milliards de dollars le manque à gagner à l’horizon 2016 pour l’industrie IT américaine dans son ensemble.

Crédit photo : Carsten Reisinger – Shutterstock.com


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