Prix de la DDR et SDRAM : vers le Mo à 1 franc ?

Mobilité

Annoncée, à terme, au même prix que la SDRam, la DDR reste aujourd’hui deux fois plus chère. Mais les deux types de mémoire ont perdu plus de 60 % de leur valeur depuis le début de l’année. Une baisse des prix due à une demande trop faible par rapport à l’offre et qui pourrait s’enrayer temporairement cet été avec les négociations sur les “PC de la rentrée”.

Alors que les industriels s’accordaient à dire que le prix de la mémoire DDR rejoindrait celui de la SDRam, force est de constater que, six mois environ après son lancement, la DDR reste environ deux fois plus chère que son aînée. Si la SDRam PC133 s’acquiert en moyenne à 210 francs les 128 Mo (si l’on se base sur le comparateur MonsieurPrix.com), on trouve la DDR PC2100 à 415 francs les 128 Mo. Les industriels se seraient-ils trompés ? Il est encore trop tôt pour le dire. On peut seulement constater que si la SDRam PC133 se négociait autour des 500 francs les 128 Mo, puis 300 francs en février, et enfin 200 francs aujourd’hui, dans le même temps la DDR SDRam PC2100 en 128 Mo est passée d’environ 1 500 francs à moins de 500 francs aujourd’hui. Autrement dit, le coût public de la DDR a perdu plus de 66 % de sa valeur contre “seulement” 60 % pour la SDRam.

Deux baisses parallèles

Une différence presque insensible. “Les deux marchés baissent quasiment en parallèle”, confirme Olivier Finalteri, responsable commercial chez Dane-Elec, fabricant et distributeur de mémoires notamment. De plus, la DDR n’a pas connu le même développement commercial que la SDRam. Arrivée plus tard que prévu, la DDR ne trouve sa place que sur une poignée de cartes mères récentes, seules capables de la gérer. Par ailleurs, les performances moins bonnes que prévu (5 à 10 % de gain contre 10 à 20 % annoncés) ont peut-être refroidi les ardeurs des plus technophiles. Bref, la carrière commerciale de la DDR ne fait que commencer. Mais selon Olivier Finalteri, les courbes tarifaires des deux mémoires pourraient se rejoindre une fois que les chaînes de production de la DDR auront été optimisées et que le produit sera mature. Mais rien n’indique cependant clairement que les prix de la SDRam remonteront un jour.

Mais une chose est sûre, les prix de la Ram n’ont pas cessé de chuter tout au long de l’année. “A cause de la récession”, explique Olivier Finalteri, “on a plus d’offre que de demande.” Par ailleurs, le marché de la mémoire est très lié à celui de la téléphonie mobile victime elle aussi de la “crise”. Les constructeurs n’en sont plus à se battre pour leurs marges mais “pour écouler leurs pièces et faire tourner les usines”, explique Olivier Finalteri. “Ce n’est pas tant la baisse qui nous inquiète”, poursuit notre contact, “c’est la rapidité avec laquelle les cours des composants baissent.” A titre d’exemple, des composants achetées 150 francs le lundi peuvent valoir 145 francs le jeudi de la même semaine. A peine le temps de le monter pour le distribuer en produit fini. A ce rythme, il n’est donc pas étonnant de constater sur PriceWatch que les 128 Mo de SDRam PC133 passent de 24 dollars le 6 juin à 11 dollars le 25 juin.

A quand la relance ?

Un rythme qui, s’il se poursuit, risque de laisser plus d’un acteur sur le carreau. Car, selon le responsable commercial, “les coûts de fabrication sont aujourd’hui incompressibles”. Il faut donc espérer une relance de la demande. “Tout le monde l’attend pour l’été”, période propice aux commandes avec la négociations sur les “PC de la rentrée”. “Si toutes les commandes arrivent en même temps, et pour peu que l’un des industriels fasse de la rétention pour stimuler la demande, alors les prix remonteront”, confirme Olivier Finalteri. L’arrivée de Windows XP, prévu le 25 octobre (voir édition du 9 mai 2001), nourrit aussi les attentes des constructeurs. Mais la vraie relance ne devrait pas avoir lieu avant le second semestre 2002. Olivier Finalteri reste confiant, notamment parce que, des AMD Athlon et Duron aux Pentium II et III, la SDRam bénéficie d’un important marché d’upgrade. Quant au prix stabilisé de la mémoire, si tant est que ce marché se stabilise un jour, il pourrait se situer autour de 1 franc le Mo. “On y arrive sur les produits de second choix”, précise le responsable commercial de Dane-Elec. Un chiffre rond qui pourrait satisfaire constructeurs et clients finals.


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