Problème de performance dans les réseaux Wi-Fi

Mobilité

Des chercheurs français pointent une défaillance des normes 802.11x, susceptible de pénaliser la performance des réseaux Wi-Fi…

C’est à des chercheurs français du CNRS qu’on doit la mise au jour d’une défaillance dans les technologies de réseau sans fil de type 802.11x ou Wi-Fi. Ils ont ainsi montré que la connexion à un point d’accès Wi-Fi (hotspot) à partir d’un terminal sans fil doté d’une carte 802.11b, et ce à un débit assez faible (par exemple parce que l’utilisateur est relativement éloigné du point de connexion), entraîne une dégradation des performances de l’ensemble du réseau. La faute en revient au mécanisme dit CSMA/CA (Carrier Sense Multiple Access/Collision Avoidance), destiner à éviter les collisions qui se produisent lorsque plusieurs personnes communiquent simultanément. Pour comprendre ce point, il faut savoir que, contrairement aux réseaux LAN Ethernet, la détection des collisions est impossible sur les réseaux sans fil. En effet, pour détecter une collision, une station doit être capable de transmettre et d’écouter en même temps. Or, dans les systèmes radio, il ne peut y avoir transmission et écoute simultanées. Pour gérer les collisions, on utilise donc le protocole CSMA/CA qui tente de les éviter en imposant l’émission d’un accusé de réception systématique pour chaque paquet de données arrivé intact. CSMA/CA permet donc de partager l’accès aux ondes. Cette méthodologie garantit en outre un traitement égalitaire pour tous les terminaux, de sorte que lorsqu’un terminal se connecte à un débit relativement faible, il pénalise tous les autres terminaux. Notons que le protocole CSMA/CA est commun aux trois normes 802.11a, 802.11b et 802.11g, cette dernière ayant été avalisée en juin par l’IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers) (voir édition du 16 juin 2003). Elle doit autoriser des débits pouvant atteindre 54 Mbit/s et est compatible avec la 802.11b, qui permet d’obtenir des débits pouvant atteindre 11 Mbit/s dans une bande de fréquence de 2,4 GHz.

En attendant 802.11e…Bien sûr, les fournisseurs d’équipements Wi-Fi peuvent contourner la difficulté, par exemple en filtrant les terminaux trop lents, mais, ce faisant, ils s’éloignent du standard. D’après les chercheurs du CNRS, le problème pourra être résolu plus aisément dans la prochaine version de la norme 802.11 (802.11e) car cette dernière introduit des mécanismes de gestion de la qualité de service. Problème : cette norme est encore en cours de développement. Ce contretemps est assez gênant : on assiste en effet actuellement à une accélération des déploiements de hotspots (voir édition du 1er juillet 2003). De plus, les opérateurs sont sur le point de passer au 802.11g. Mais du fait de la faille technique, cette évolution ne devrait pas être perceptible pour les utilisateurs, ceux éventuellement équipés de terminaux 802.11g étant pénalisés par les terminaux dotés d’une carte 802.11b.


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