Producteurs les plus verts : Greenpeace loue Lenovo mais fustige Apple

Mobilité

Dans le classement établi par l’association écologique, neuf constructeurs
sur 14 dépassent désormais la moyenne. C’est mieux.

Greenpeace a publié, le 3 avril 2007, la troisième édition de son guide Pour une high-tech responsable qui établit le classement des 14 principaux constructeurs de matériel électronique « en fonction de leur politiques et de leurs pratiques en matière d’utilisation de substances chimiques et de gestion des déchets « . Autrement dit : quels acteurs high-tech polluent le plus ? quels sont les firmes les plus respectueuses de l’environnement ?

Contre toute attente, c’est le constructeur chinois Lenovo qui, avec une note de 8 sur 10, détrône Nokia (7,3) de la première place acquise à la précédente édition 2006. « C’est la première entreprise à mettre en place des services de reprise et de recyclage dans tous les pays où sont commercialisés ses produits », note l’organisation écologique.

L’engagement de Lenovo en faveur du principe de précaution et de la responsabilité individuelle participe à la bonne image de l’entreprise. Mais le constructeur, qui avait racheté la division ordinateurs grand public d’IBM en 2005, doit encore faire des efforts sur la présence des PVC et des retardateurs de flamme bromés (RFB), « critère sur lequel l’entreprise ne marque pour l’instant aucun point », note le rapport.

Apple ne fait toujours pas d’effort

A l’autre extrême on retrouve Apple qui, depuis sa chute lors du précédent classement en décembre dernier « n’a pas bougé d’un iota ». Selon Greenpeace, Apple doit sa situation de plus mauvais élève par négligence de l’ensemble des critères d’évaluation : « rejet du principe de précaution, refus de divulguer sa liste de substances contrôlées, absence d’échéance sur l’élimination du PVC, aucun engagement en faveur de la substitution de tous les usages de retardateurs de flamme bromés, aucun plan de reprise et de recyclage des produits obsolètes… », note l’organisation mondiale. Seul bon point, la publication des quantités de déchets recyclés.

Entre ces deux acteurs, suivent Nokia, Sony Ericsson, Dell et Samsung. Greenpeace note particulièrement les efforts de Sony Ericsson qui s’est engagé à éliminer les substances toxiques (phtalates, le berylllium et certains usages de composés d’antimoine) de ses produits pour le 1er janvier 2008. « Ce fabricant va donc au-delà de ce que demande la directive RoHS [Restriction des substances dangereuses dans les produits électroniques] », estime Yannick Vicaire, responsable de la campagne Toxiques de Greenpeace France.

Globalement, une certaine amélioration

Remarquons, par ailleurs, le retour de Samsung qui gagne sept places depuis le dernier classement, essentiellement pour s’être retiré de l’EMCRR, « un groupe de pression de fabricants américains qui refuse [la] responsabilité individuelle du producteur », précise Greenpeace.

Globalement, Dell, Motorola, Fujitsu Siemens, HP, Acer, Sony, LG Electronics et Panasonic perdent des points dans le classement tandis que Toshiba, Samsung, Sony Ericsson et, bien sûr, Lenovo, remontent.

Bilan : « Globalement, les entreprises font des efforts », note Greenpeace. Dans ce troisième rapport, 9 constructeurs sur 14 dépassent la moyenne. Contre 5 lors de la première édition du guide en août 2006. Pourvu que ça dure.