Projet Ara : un galop d’essai à Porto Rico

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Les premiers smartphones modulaires issus du projet Ara seront bien lancés en 2015. Google a choisi Porto Rico comme terrain d’expérimentation.

Des infrastructures de réseau fixe relativement peu développées, les trois quarts de la population exploitant le mobile comme premier support de communication : Porto Rico constitue un terrain d’expérimentation idéal pour lancer un nouveau smartphone.

S’appuyant sur ce postulat, Google s’est associé à deux opérateurs locaux (Claro et OpenMobile) pour préparer la commercialisation des premiers téléphones modulaires issus du projet Ara. Le groupe Internet n’a pas fixé de date précise pour le début de ce pilote, qui se tiendra toutefois bel et bien en 2015, conformément à la feuille de route.

Aucun détail n’a été fourni concernant les prix du ou des smartphones qui seront proposés à la vente, note TechWeekEurope. Côté configuration, il est question d’un support de la 4G, d’une batterie offrant une journée d’autonomie et d’une connexion par induction entre les différents modules qui composeront le terminal.

C’est ce dernier point qui présente un potentiel disruptif : sur le principe même du PC que l’on met à niveau en changeant des cartes ou des composants, les produits répondant aux normes édifiées dans le cadre du projet Ara pourront évoluer par petites touches… et ainsi bénéficier d’un cycle de vie allongé.

Les premiers travaux en la matière avaient été lancés à l’automne 2013 dans les laboratoires de Motorola. Le groupe américain s’était inspiré du concept Phonebloks, imaginé par un jeune néerlandais. Google a gardé la main sur ce dossier à l’heure où Lenovo lui rachetait Motorola Mobility (pour 2,91 milliards de dollars en janvier 2014).

Cette dimension de personnalisation, Motorola l’a déjà concrétisée auprès du grand public avec le site Internet Moto Maker, associé au smartphone Moto X. Mais Ara va plus loin, avec un socle de base auquel on pourra greffer un processeur, de la mémoire, des capteurs photo, etc.

A la tête du projet, la division Advanced Technology and Projects de Google a sollicité des entreprises comme Quanta, Toshiba, Rockchip et Foxconn pour l’accompagner dans ses démarches. Elle a aussi codéveloppé une version modifiée d’Android 5.0 “Lollipop” qui permettra de changer des modules à chaud, c’est-à-dire sans avoir à redémarrer le téléphone.

Ara devrait être scindé en plusieurs déclinaisons faisant le grand écart en termes de prix et de performances. Ainsi les prototypes de deuxième génération (nom de code : Spiral 2) pourront-ils aussi bien être associés à un SoC Nvidia Tegra K1 qu’à une puce Marvell PXA1928 (4 coeurs Cortex-A53 ; 64 bits). Attendue pour le printemps, la prochaine génération (“Spiral 3”) devrait accueillir un SoC du Chinois Rockchip.

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Crédit photo : Google


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