Qt et Xcode, pivots du développement sur Mac ?

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Augmenter le nombre d’applications pour accroître l’attractivité de son système d’exploitation est l’une des voies qui permet à Apple de continuer de surnager. Deux outils devraient participer de manière intensive à cette philosophie : Qt de Trolltech et Xcode d’Apple.

Le célèbre cercle vicieux du Mac serait-il en train d’imploser ? La question mérite d’être posée, deux mois après la WWDC (voir édition du 24 juin 2003). Ce paradoxe, c’est la série d’enchaînements qui jugule l’adoption de la plate-forme : pas assez de développeurs, donc pas assez d’applications, donc pas assez d’offre, donc pas assez de clients ! L’argument est particulièrement spécieux, car la majorité des fonctionnalités fournies par les applications existant sur PC se trouvent aussi sur Mac. Preuves toutefois qu’il pose problème aux dirigeants d’Apple : l’argumentaire qu’on peut trouver sur le site de la firme et le rappel tous les six mois du nombre de logiciels disponibles sur Mac OS X (voir édition du 22 juin 2001). La FAQ du site “Switch” de la Pomme reprend ainsi le classique des nouveaux venus sur Mac : “Est-ce que mes applications habituelles fonctionnent ?” Oui, peut-être, serait-on tenté de dire… Car avec 6 000 applications disponibles seulement deux ans après sa naissance, le moins que l’on puisse dire, c’est que Mac OS X est assez bien pourvu. Quant aux utilisateurs de Mac OS 9, le problème ne se pose pas vraiment : avec 15 000 applications, il y a presque tout ce qui est disponible sur PC !

Mais avec le surcroît d’intérêt pour Mac OS X, l’élargissement de l’éventail d’applications paraît nécessaire. L’outil Qt de la société Trolltech répond de manière très pragmatique à cette demande : il s’agit d’un produit multiplate-forme, déjà disponible sous Linux/Unix, X11 et Windows, et qui permet par simple recompilation de la même base de code de réaliser une application native sur le système désiré ! Avec ce programme, les développeurs qui ont déjà développé en Qt peuvent recompiler le code pour le faire fonctionner sur Mac OS. Et la base installée des utilisateurs de Qt n’est pas mince : plus de 150 000 programmeurs, de quoi augmenter de 50 % le nombre de développeurs pour Mac ! Et pas des moindres : parmi les utilisateurs de Qt, on compte Agilent, Canon, HP, IBM, JD Edwards, la NASA, Siemens, Thales, Pioneer ou même Sony, sans parler des petites sociétés et des développeurs indépendants ! Outre le portage multiplate-forme facilité, Qt permet de développer en C++ et divise par quatre le nombre de lignes nécessaires au développement.

Apple chantre du logiciel libre

La même recherche d’optimisation du code semble avoir prévalu à la mise au point de Xcode, le paquet d’outils de développement d’Apple, qui s’avère surtout une resucée de ses précédents outils rassemblés sous une même interface façon iTunes. Principaux avantages de Xcode : permettre une accélération importante de la mise au point d’un logiciel, en réduisant considérablement les phases propres à son développement, et surtout en utilisant la puissance de calcul disponible sur un intranet. Cette fonction de recompilation, issue du projet Open Source Distcc et développée par l’Australien Martin Pool, illustre l’une des nouvelles caractéristiques d’Apple : sa participation active au développement du logiciel libre. La firme a ainsi amélioré considérablement GCC (le compilateur Open Source) fourni avec Xcode. Il faut dire que l’entreprise y a un intérêt particulier : cette communauté s’avère très fidèle à ses principes et lui permet en retour d’accélérer ses développements. Qt est disponible depuis le 11 juillet 2003, tandis que Xcode devrait être livré à la mi-septembre. Il faut s’attendre à voir les premières applications recompilées pour Mac avant la fin de l’année et le rythme des sorties de nouveaux logiciels augmenter courant 2004.


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