Quand l’Open source ne devient qu’un droit de consultation…

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Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à ouvrir le code source de certains de leurs logiciels. Si certains jouent le jeu, à l’image de Sun et de HP qui viennent de faire deux annonces crédibilisant un peu plus l’Open source, d’autres, tel Microsoft, ne s’aventurent qu’à moitié sur ce terrain.

Les entreprises auraient-elles compris tout le bénéfice qu’elles pourraient tirer de l’ouverture du code source de leurs logiciels ? Car c’est, à n’en pas douter, une ouverture nettement plus intéressée qu’il n’y paraît. Surtout lorsqu’elle émane de sociétés dont l’engagement envers le système libre est plus que frileux. En tête, on retrouve ainsi Microsoft, qui rend désormais possible la consultation du code source de Windows CE. Toutefois, n’allez pas imaginer qu’un développeur puisse y apporter une quelconque modification. Le code source est accessible grâce au logiciel de développement Microsoft Platform Builder 3.0 ou à partir de sa version d’évaluation. Enfin, les développeurs doivent au préalable s’inscrire afin de recevoir un compte d’authentification Passport. L’accès au code source de Windows CE devrait faciliter leur travail, notamment par la vérification de leurs programmes avec celui de Microsoft. Reste que si l’éditeur fait un pas en avant dans l’Open source, cette ouverture relève surtout de l’annonce marketing. Les entreprises ont, dans les faits, des accords avec Microsoft pour accéder au code. Ce n’est pas la première fois que Microsoft fait semblant de céder aux sirènes du logiciel libre. Début mars, il permettait à environ 1 000 sociétés d’accéder au code source de Windows 2000 Professionnel, Windows 2000 Server, Windows 2000 Datacenter et du nouveau Windows XP (voir édition du 8 mars 2001). Toutefois, là aussi, il n’était pas question pour ces sociétés de modifier le code. Finalement, en ouvrant de façon limitée son code, il garde le contrôle de ses logiciels tout en bénéficiant du retour d’expérience des sociétés testeuses.

Sun et HP jouent le jeu

A l’inverse, d’autres constructeurs jouent réellement le jeu de l’Open source

en acceptant les modifications de leurs codes sources. Sun annonce ainsi mettre à la disposition des développeurs environ 500 000 lignes de code de son logiciel Grid Engine. Ce dernier fonctionne un peu comme le modèle peer-to-peer. Le logiciel Sun Grid Engine permet aux utilisateurs de bénéficier des ressources de calcul de l’ensemble d’un réseau à partir d’un poste de travail. Histoire de tirer partie des postes de travail qui sont, selon les évaluations de Sun, inactifs de 60 à 75 % du temps.

Enfin, dernière société à faire un pas dans l’Open source, HP au travers de son projet Cooltown. La société met en effet à disposition des développeurs environ 150 000 lignes de code source de CoolBase, un mini-serveur Web. A terme, la société envisage d’ouvrir le code de plusieurs logiciels de son projet Cooltown. Ce projet mené depuis plusieurs années au sein des laboratoires de HP vise à explorer de nouvelles manières d’accéder aux informations présentes sur le réseau, de sa voiture ou via une montre, ou encore pour des applications dans la domotique.


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